‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 153 sur 267 · I. Né à Meauz, le 24 juin 1624; reçu le 28 avril · texte numérisé non relu

I. Né à Meauz, le 24 juin 1624; reçu le 28 avril

d'y vivre et d'y mourir. Cela étant ainsi, mon cher frère, comme vous n'en devez nullement douter, voyez si vous n'avez pas bien sujet de ne point écouter les tentations qui vous viendront de ce côté-là.

De dire que le changement de maison vous délivre de toutes vos peines, croyez-moi, mon frère, c'est un abus de le croire et un piège que vous tend le diable ; car nous nous portons toujours nous-mêmes et nos imperfections aussi, en quelque lieu que nous allions ; et le diable ne nous moleste pas moins, bien souvent, en un lieu qu'en un autre, voire même quelquefois il le fait davantage, notamment quand on a procuré le changement avec trop d'empressement, ou avec moins de conformité à la volonté de ceux que Dieu a établis pour la conduite de nos âmes et de nos personnes.

Je ne vous dis pas ceci, mon cher frère, pour vous blâmer de votre procédé, puisque vous n'avez agi que dans l'ordre et suivant l'avis de votre directeur, mais seulement pour vous avertir d'y prendre garde à l'avenir, et de vous laisser conduire; et surtout d'avoir un grand respect pour les prêtres, desquels Dieu, parlant dans la sainte Écriture, dit qu'ils sont comme sa bouche. Et ressouvenez-vous, mon cher frère, que sainte Catherine de Sienne, toute sainte qu'elle était, s'estimait néanmoins bienheureuse de baiser de sa bouche la terre sur laquelle ils avaient marché.

Voilà, mon cher frère, tout ce que je vous dirai sur ce sujet quant à présent, parce que je suis pressé d'ailleurs. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

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