‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 174 sur 267 · A M. COGLÉE · texte numérisé non relu

A M. COGLÉE

SUPÉRIEUR, A SEDAN

II l'engage à 8*abtndonner à U conduite de Notre-Seignear. — II compatit aux besoins de sa maison éprouvée par la maladie. — Un sapérîeur D*a le droit de déposer que les officiers de la maison nommés par lui.

4 décembre i63o.

Monsieur,

Je ne doute point des grandes sollicitudes de monsieur le gouverneur pour le service du roi et celui de la ville ; elles sont connues d'un chacun, et l'on parle de sa conduite comme des meilleures du royaume. Nous serions bien heureux si nous avions une pareille ardeur pour la gloire de Jésus- Christ.

La disposition que vous avez pour la sainte obéissance

I. Allusion au voyage de Madagascar qu'il lui a annoncé le 5 novembre; mais il ne le réalisa qu^en août 1654.

vous obtiendra, comme je l'espère, les grâces dont vous pensez avoir besoin pour bien diriger la famille et la paroisse. Laissez-vous conduire à Notre-Seigneur ; il gouvernera toutes choses par vous : confiez -vous à lui, et, à son exemple, agissez toujours humblement, suavement et à la bonne foi ; vous verrez que tout ira bien.

Je compatis à vos travaux qui sont grands, et qui même croissent lorsque vos forces diminuent, par les maladies du dehors et du dedans ; c'est le bon Dieu qui fait tout cela ; mais croyez qu'il ne vous laissera pas une telle surcharge sur les bras, sans que lui-même la soutienne : il sera votre force, aussi bien que votre récompense, pour les services extraordinaires que vous lui rendez en cette occasion pressante. Trois font plus que dix, quand Notre-Seigneur y met la main; et il le fait toujours lorsqu'il ôte les moyens de faire autrement. Nous ne pouvons vous envoyer des hommes, mais nous tâchons de vous secourir de nos prières. Nous en avons fait de communes et de particulières pour la conservation de vos malades, singulièrement de M. Dufour qui est en danger. Mon Dieu, Monsieur, que j'en suis en peine, et que je crains la privation d'un si bon serviteur de Dieu, pour le seul intérêt des âmes qu'il gagne à Jésus-Christ! Cette considération vous le recommande assez et plus que je ne saurais faire, qui sais d'ailleurs que votre charité est si tendre pour lui, qu'il ne se peut rien ajouter aux soins que vous lui donnez. Ayez-en aussi pour vous, s'il vous plaît ; ménagez votre santé pour le service de Dieu et la consolation des affligés.

Vous me demandez si un supérieur particulier peut déposer par lui-même les officiers de sa maison ? Oui, ceux qu'il a établis, mais non pas les autres, qui lui ont été donnés par le général ou par le visiteur, comme l'assistant, etc.

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