Mgr Nicolas Pavillon, évéque d'Alet
G. Mgr Etienne de Caulet, évéque de Pamiers, 16x4-1680.
tendres que pour aucun bien que nous ayons depuis longtemps reçu de sa bonté. J'en ai fait part à monsieur votre père, qui en a été grandement consolé, aussi bien que du bon usage que vous avez fait de votre captivité ; à quoi je ne pense jamais que la douceur d'esprit que vous avez fait paraître ne se présente à moi, pour me faire trouver la soumission à Dieu et la patience dans les soufirances toujours plus belles et plus aimables.
Je ne puis assez vous dire, mon cher frère, que bienheureux êtes- vous d'avoir ainsi souffert pour Notre-Seîgneur Jésus-Christ, qui vous a appelé en Alger. Vous en connaîtrez mieux l'importance et le fruit d'ici à quinze ou vingt ans, que vous ne faites à cette heure; et plus encore, lorsque Dieu vous appellera pour vous couronner dans le ciel. Vous avez sujet d'estimer le temps de votre prison pour saintement employé. Pour moi, je le regarde comme une marque infaillible que Dieu vous veut conduire à lui, puisqu'il vous a fait suivre les traces de son unique Fils. Qu'il en soit à jamais béni, et vous plus avancé en l'école de la solide vertu, qui se pratique excellemment dans les souffrances, et qui tient dans la crainte les bons serviteurs de Dieu, pendant qu'ils ne souffrent rien !
Je supplie sa divine bonté que la bonace dont vous jouissez à présent vous comble de paix, puisque l'orage n'a pu vous troubler, et qu'elle dure autant qu'il est convenable pour accomplir parfaitement les desseins que Dieu a sur vous. Tant s'en faut que vous ayez fait contre mon intention de donner les mille livres que vous avez empruntées, que j'estime que ce n'est rien au prix de votre liberté, laquelle nous est plus chère que toute autre chose.