A M. MARTIN
PRÊTRE DE LA MISSION, A GÊNES
Il- est heureux d'apprendre que la petite famille ne se ressent pas de Tabsence du supérieur. — Il exprime ses sentiments de reconnaissance pour le cardinal -archevêque, et promet de renvoyer bientôt M. Blatiron.
Paris, 7 juillet i65i.
Monsieur,
Eh bien, ne voilà pas un grand sujet de consolation, et une égale obligation de rendre grâces à Dieu, que l'absence des supérieurs ne cause aucun relâchement en votre famille, mais accroissement de piété et de vertu I Ce sont les paroles de votre lettre, qui m'ont comblé de joie et de reconnaissance vers la bonté de Notre-Seigneur, qui, pour tenir la place des absents, s'est assis au milieu de votre âme, d'où il répand esprit et vie sur les membres de ce petit corps. Je le prie qu'il continue d'animer l'une et l'autre, et de vous faire la grâce à tous en général, et à chacun en particulier, de répondre aux saintes intentions de monseigneur le cardinalarchevêque, pour qui nous offrons souvent à Dieu le saint sacrifice de la messe, afin qu'il sanctifie de plus en plus sa chère âme, et le conserve longuement à son église. Je ne manquerai pas de lui écrire au retour de M. Blatiron, ni de continuer à prier et faire prier Dieu pour Son Éminence, en reconnaissance des incomparables bontés que Notre-Seigneur lui a données pour la Compagnie, jusqu'à prendre des soins si particuliers que ceux que vous me mandez pour son logement. Rien ne me fait connaître si vivement Tinfinie bonté de Dieu que celle de ce vénérable prélat. Nous vous renverrons bientôt celui de qui vous soutenez la charge, et qui par son arrivée vous donnera lieu de vous reposer un
peu. Cependant je vous prie d'avoir soin de votre santé et de
dire à la petite Communauté que je l'embrasse tendrement, que je lui souhaite la plénitude de l'esprit de Dieu à qui elle s'est donnée, et en qui je suis, etc.