‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 190 sur 267 · PILLE DE LA CHARITÉ, A HENNEBONT · texte numérisé non relu

PILLE DE LA CHARITÉ, A HENNEBONT

Il rengage à vivre daas une grande union et charité, et à respecter beaucoup leur grand

bienfaiteur, M. Eudo*

Paris, 3o juillet i65i.

Ma bonne sœur,

Votre lettre du premier de ce mois m'a donné plusieurs sujets de consolation. Je loue Dieu de votre meilleure disposition et du retour de santé de notre sœur Barbe. J'étais bien en peine de sa maladie et le suis encore de la vôtre, bien que j'espère que vous en êtes maintenant tout à fait revenue et que vous êtes toutes en état de bien servir les pauvres. En reconnaissance de ce que le bon Dieu vous a conservées pour cela, offrez-vous à lui de nouveau ; faites-lui un sacrifice continuel de vos pensées, de vos paroles et de vos actions, voulant et le priant que tout soit pour sa gloire et le bien de l'hôpital ; ce sera par ce moyen que sa divine bonté vous rendra digne de l'incomparable charité que le bon M. Eudo exerce en votre endroit. L'amour qu'il a pour les pauvres lui fait prendre soin de vous au point qu'il fait, afin que vous en ayez un grand pour eux; continuez, mes bonnes sœurs, de le fort respecter et de suivre ses bons avis.

Et vous, ma sœur Anne, je vous prie d'avoir bien soin de vos sœurs, comme sœur servante ; et elles d'en avoir réciproquement de vous, comme filles de Notre-Seigneur, qu'elles doivent considérer en vous et vous en lui; enfin vivez ensemble comme n'ayant qu'un cœur et une âme, afin que par cette union d'esprit vous Soyez une véritable image de l'unité de Dieu, comme votre nombre présente les trois personnes de la très sainte Trinité. Je prie à cet effet le Saint- Esprit qui est l'union du Père et du Fils, qu'il soit également la vôtre, qu'il vous donne une profonde paix d ans les contra-

dictions et les difficultés qui ne peuvent être que fréquentes autour des pauvres ; mais souvenez-vous aussi que c'est là votre croix, avec laquelle Notre-Seigneur nous appelle à lui et à son repos.

Tout le monde estime votre emploi, et les gens de bien n'en reconnaissent pas sur la terre un plus honorable, ni plus saint, quand il est fait avec dévotion.

Je trouve bon que vous fassiez la retraite, puisque Dieu vous en donne le désir, pourvu que les pauvres n'en souffrent pas, et que votre digne directeur en soit d'avis ; vos sœurs la pourront taire de même à leur tour ; mais souvenez-vous de moi en vos prières. M"' Le Gras se porte bien et sa petite Compagnie multiplie en nombre et en vertu. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, ma bonne sœur, etc.

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