C. Card. Pamphilius
Dion« Massarius, S« C. secret.
campagne, dont la plus grande partie ignore les choses nécessaires à salut ; et en cela son besoin est plus grand que celui des religieuses, qui rarement manquent de prêtres et de directeurs. C'est Tunique motif que nous avons eu ; car, au reste, ma chère Mère, Dieu sait combien nous estimons votre vertu et votre sainte Communauté : c'est au point que nous nous estimerions bien heureux de vous servir, si nous n'étions engagés à d'autres emplois incompatibles. Il vous faut un prêtre qui ne fasse autre chose; si notre maison vous le donne, elle prive les pauvres gens de la campagne du secours qu'il leur pourrait rendre. Si vous me demandez pourquoi est-ce donc qu'elle a commencé à vous en donner un, et pourquoi je l'ai souffert ? Nous l'avons fait à cause de la nécessité que vous en aviez, en votre nouvel établissement, avec dessein de nous en retirer au plus tôt ; et puis vous êtes trop juste pour prétendre que, pour vous avoir servies quelques années, nous soyons obligés de continuer toujours. De dire que votre incommodité ne vous permet pas d'entretenir un confesseur, je vous réponds que nous avons aussi la nôtre, qui certes nous empêche de vous en fournir toujours un ; car à sa place il nous faudrait trouver un autre ouvrier pour l'envoyer en mission.
Peut-être avez-VQUs ouï dire que je sers moi-même de père spirituel aux filles de Sainte-Marie de Paris, et qu'en cela je suis le premier à contrevenir à notre résolution : je vous dirai à cela, ma chère Mère, que j'étais en cet emploi dix ans avant qu'il eût plu à Dieu de faire naître notre petite Compagnie, en ayant été chargé par leur saint instituteur ; c'est pourquoi l'on jugea que je devais' continuer, et néanmoins je n'ai pas laissé de faire mes efforts pour m'en débarrasser, jusqu'à rester presque un an entier sans y aller ; mais enfin il m'a fallu céder à une puissance supérieure qui me l'a commandé, et puis ce n'est qu'en qualité de supérieur, qui
ne m'oblige d'y aller qu'environ une fois le mois en chaque maison, et le reste se fait par lettres. Tant il y a, ma Révérende Mère, que je vous puis assurer que nulle autre de nos maisons ne rend aucun service aux religieuses : ce n'est pas que nous n'en soyons pressés, et que nous ne fussions fort honorés de le faire ; mais que voulez- vous ? il faut que chacun fasse son office, et qu'il s'abstienne de ce qui ne lui est pas convenable. Je vous supplie derechef d'avoir agréable que nous en usions de la sorte, etc.