ASSISTANT DE LA MAISON DE ROME
Il lai recommande de se garder de l'esprit d'intrigue qa'il blâme dans les antres, mais
de s'abandonner à la conduite de la Providence.
Juin i652.
Monsieur,
Sur ce que vous dites des intrigues dont on use à présent pour faire les affaires, et que même Ton s'en sert contre nous, prions Dieu qu'il nous garde de cet esprit; puisque nous le blâmons en autrui, il est plus raisonnable de l'éloigner de nous comme un défaut contre la Providence divine, lequel rend ceux qui le commettent indignes des soins qu'elle prend de chaque chose. Établissons-nous dans l'entière dépendance de Dieu, et dans la confiance qu'en ce faisant, tout ce que les hommes diront ou feront contre nous se tournera en bien. Oui, Monsieur, et quand toute la terre s'élèverait pour nous détruire, il n'en sera que ce qu'il plaira à Dieu en qui nous avons mis notre confiance.
Je vous prie d'entrer dans ce sentiment, et d'y demeurer si bien que jamais plus vous n'occupiez votre esprit de ces appréhensions inutiles, tenant pour certain que de ces mêmes intrigues, par lesquelles les hommes pourront tâcher de nous nuire pour parvenir à leurs établissements, Dieu s'en servira pour nous défendre. Pour moi. Je demande pardon à sa bonté si jusqu'à présent j'ai écouté les choses que vous m'avez écrites sur ce sujet, et des réponses que je puis vous avoir faites, qui n'ont pas tout à fait tendu à cet abandon à Dieu dans lequel nous devons être. Je le prie qu'il nous fasse désormais la grâce de ne craindre ni désirer que lui seul, en qui je suis, etc.