A M. MAURICE
Il le remercie de Toffre de deux prieurés ; vu l'impostibilité de venir, il le prie de traiter Taffaire avec Mgr l'évCque. — Il pourra aussi s'en ouvrir avec le supérieur du séminaire.
8 juin i652.
Monsieur,
J'ai reçu votre lettre avec le respect et la reconnaissance que je dois à l'incomparable bonté avec laquelle vous avez pensé à nous pour les deux prieurés de Saintes, dont je vous remercie très humblement. Je me donnerai l'honneur de
remercier aussi monseigneur d'Alet de vous avoir confirmé en cette pensée, bien que nous soyons très indignes d'une telle grâce; c'est dans le même esprit, Monsieur, que j'ai pareillement reçu votre seconde proposition, mais certes avec difficulté de l'accepter en la vue de notre chétiveté et d'un si grand bien. Néanmoins, comme vous avez cru que c'était le dessein de Dieu, nous devons respecter votre sentiment et nous mettre à sa conduite, pour ne pas détourner de nous l'ordre de sa providence; et partant. Monsieur, nous ferons ce qu'il vous plaira, tant pour la substance de la chose que pour les conditions, sachant que vous n'en proposez aucune qui ne soit selon Dieu.
L'état des affaires publiques rend les avenues de cette ville trop difficiles pour ne vous dissuader pas d'y venir si tôt, ce qui vous donnera peut-être occasion d'aller à Saintes et de communiquer cette affaire à monseigneur l'évêque. Je souhaite fort que tout se passe par concert avec lui et en la manière qu'il jugera à propos; et en cas que vous ayez agréable de vous ouvrir à M. Vageot, supérieur du séminaire, il vous sera fidèle au secret aussi bien que moi, qui n'en dirai ni écrirai rien à personne, sinon que je prierai ledit sieur Vageot, qu'en cas que vous. Monsieur, lui parliez d'une affaire d'importance, il honore le silence de Notre-Seigneur, vous laissant l'entière négociation de ce traité avec mondit seigneur et lui. S'il réussit, à la bonne heure, nous vous avouons pour père et bienfaiteur, et prions Dieu que, s'il lui plaît de tirer quelque service de cette bonne œuvre, il vous en impute le mérite. Mais quand il ne réussirait pas, la Compagnie ne s'estimera pas pour cela déchargée de l'obligation de reconnaissance de votre bonne volonté par nos prières et nos services, particulièrement moi. Monsieur, qui vous fais offre de mon obéissance, avec toute l'humilité et l'affection qui me sont possibles, et qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.