A M. D^HORGNY
S^UPÉRIEUR, A ROME.
Il rengagea ne pas se préoccuper des mauvais desseins des hommes, mais à mettre
tonte sa confiance en Dieu.
i3 juin i652*
Monsieur,
Pour ce qui est du prélat qui vous donne occasion de penser qu'il a des desseins désavantageux à notre Compagnie, et de la crainte que vous donne d'ailleurs la poursuite de M. de Ventadour, souffrez que je vous dise pour une bonne fois que nous sommes à Dieu et devons souhaiter que les autres y soient, et que nous sommes de chétifs ouvriers en son Église, qui devons nous réjouir quand il en appelle de meilleurs que nous : Quis tribuat ut omnis populus prophetet et det ets Dominus spiritum suum ' ? Si ceux qui se présentent ont l'esprit de Dieu, que craignons-nous ? et s'ils ne l'ont pas, que peuvent-ils faire, tant que nous marcherons droit ? Notre confiance doit être tout en Dieu ; et étant principalement établie sur cette vertu , nous sommes assurés qu e rien ne nous sera fait que Dieu ne permette. J'ai en aversion ces prévoyances sur les desseins d'autrui, autant que j'ai de soin d'éviter les intrigues dont on use à présent dans le monde. Au nom de Dieu, Monsieur, gardons-nous également des unes et des autres. Je ne sais pas si les pères Jésuites font quelque chose contre nous, je veux croire que non ; mais au reste, que les autres fassent ce qu'il leur plaira : quant à nous, tenons-nous à Dieu. La persécution se tourne en bien, quand elle est bien reçue ; et ceux-là sont bien heureux qui souffrent pour la justice, etc.