A M. BLATIRON
SUPERIEUR A GÊNES
II ne faut pas nous étonner des imperfections; elles sont inséparables de rhumanité.— Ceit par la douceur que l'on ramène à Dieu les ftmes grossières.
i6 août i652.
Monsieur,
Je vous remercie de m'avoir informé de l'état présent de votre maison : j'y vois de la paille et du bon grain, et on ne doit point espérer autre chose de la condition des hommes mortels; il faut attendre que nous soyons au ciel pour y trouver le pur froment. J'espère de la bonté de Dieu que de ces faiblesses il en tirera des forces, et de nos misères sa gloire. Humilions-nous, et, en travaillant au support des autres, tâchons de nous rendrje nous-mêmes agréables à Dieu et à ceux avec qui nous vivons.
Vous continuez à me demander M. Ennery pour la Corse, mais il me semble qu'il n'a pas assez d'onction pour ce payslà, où le peuple étant grossier, accoutumé à la rudesse, se doit gagner par la douceur et la cordialité ; car les maux se guérissent par leurs contraires. J'ai averti ce bon prêtre de son défaut, qui vient de la nature; je pense qu'il travaille à s'en corriger ; nous verrons si ce sera efficacement. Je ne lui ai pas parlé de ce voyage. Je suis, etc.