‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 245 sur 267 · Ï — 255. — A M. JEAN-BAPTISTE LEGROS · texte numérisé non relu

Ï — 255. — A M. JEAN-BAPTISTE LEGROS

SUPÉRIEUR, A RICHELIEU

II lui recommande de s'abstenir de tout murmure et de veiller à établir les filles

de la Charité dans la même disposition.

i5 août i653.

Monsieur,

Je conçois de nouvelles espérances, par toutes vos lettres, que Dieu vous bénira de plus en plus en votre personne et eu vos emplois; je l'en prie de tout mon cœur. Néanmoins^ par une de ces lettres, j'ai trouvé quelques mots qui sentent le murmure de ce que les affaires qui nous regardent n'avancent pas, et qu'on ne les prend pas ni du biais, ni si fort à cœur que vous souhaitez. Or je vous dois dire. Monsieur, que vous ferez sagement de vous abstenir d'en parler à d'autres, parce que c'est un crime de décréditer la conduite et les intentions des grands, et qu'il est de la piété des personnes de notre sorte de penser bien et de parler de même de ceux à qui nous avons quelque obligation. Je pense vous avoir déjà touché quelque chose sur ce sujet, et j'espère que ce sera ici la dernière fois, parce que, par votre dernière du 25 novembre, je vous vois non seulement persuadé de ces vérités, mais en soin d'établir les filles de la Charité dans une grande retenue pour ne se plaindre jamais du procédé d'autrui à leur égard, ni contrôler ses actions ; ce qui est d'autant plus à désirer qu'elles ne sont au monde, non plus que nous, que pour recevoir et accomplir les ordres de Dieu. Il nous suffit que de ,notre côté nous tâchions de ne rien omettre de ce qui peut avancer son œuvre, sans blâmer les autres du retardement. J'approuve le reste des bonnes leçons que vous leur avez faites, dont même je suis fort édifié, ne doutant pas

I. Jean-Baptiste Legros^ né à Coutances en 1614; reçu à Paris le 25 juin

que vous ne soyez le premier à faire ce que vous leur enseignez, etc.

Page 1