DE LA VISITATION
Il la fclicite des épreuves par lesquelles il plaît à f)icu de la faire passer.
Eh bien ! ma chère Mère, voilà de bonnes nouvelles, Dieu merci ! Béni soit Jésus-Christ Notre-Seigneur ! Il me semble que votre cœur a un peu de douleur sur ce qu'on nous impute tout ceci ; tant mieux, ma chère Mère, n'êtes-vous pas trop heureuse d'être blâmée pour un si bon sujet? Vous pouvez bien penser que j'en ai ma bonne part. Certes, le bien n'est pas bien si Ton ne souffre en le faisant. La charité est patiente, dit TApôtre ; il y a donc à souffrir dans les devoirs de charité, et même il est fort à craindre que le bien qu'on fait sans souffrance ne soit pas un bien parfait. Le Fils de Dieu nous montre cette vérité, ayant tant voulu souffrir en tous les biens qu'il nous a faits. Souffrons donc courageusement et humblement, ma chère Mère ; peut-être trouverez-vous au ciel que c'est ici un des biens plus agréables à Dieu que vous ayez jamais faits. Si vous avez quelque nouvelle, je vous prie de m'en faire part et de me mander les jours qu'on écrit à Douvres.
I. Cette lettre fait allusion aux tracasseries suscitées à la Visitation à cause de son obéissance à PÉglise et de sa fidélité à suivre les conseils de saint Vincent.
Voir Mémoires du père Rapin, tome I,^pagc 545.