I. La duchesse d^Aiguillon
très, seraient en danger de demeurer esclaves toute leur vie, et peut-être de se perdre par désespoir, ainsi qu'il est arrivé a plusieurs, depuis que les pères Mathurins ont discontinué leurs rédemptions, y ayant tantôt dix ans qu'ils n'en ont fait aucune.
Outre tous ces biens-là. Monseigneur, ils en font un autre très considérable, c'est de contenir les prêtres et religieux esclaves en leur devoir, par douces semonces et par bienfaits, ou, quand ces moines se trouvent faibles, par l'autorité du glaive spirituel qu'ils ont en main, en qualité de missionnaires apostoliques et grands vicaires de Tévêché de Carthage. Le grand libertinage qui régnait auparavant parmi ces personnes d'Église décourageait les chrétiens et en faisait passer plusieurs en la religion de Mahomet, et enflait le courage aux Turcs spectateurs de ces désordres.
Je vous dis tout ceci. Monseigneur, pour vous faire connaître le mérite que vous acquerrez devant Dieu en l'expédition que nous vous demandons, puisqu'elle ne regarde pas seulement la personne ou la charge du consul de Tunis, mais le service de l'Église, en tant que cette patente donnera moyen à nos prêtres de mieux servir les âmes et de consoler les membres affligés de Notre-Seigneur les plus abandonnés du monde; vous aurez par conséquent. Monseigneur, bonne part à leurs bonnes œuvres, et nous prierons incessamment sa divine bonté qu'elle vous conserve pour sa gloire et le bien de cet État.
Nous ne connaissons personne de delà qui puisse solliciter cette affaire ni fournir aux frais. C'est pourquoi, Monseigneur, nous osons espérer de votre grande bonté la grâce tout entière, en recommandant à votre secrétaire le soin de cette expédition, après qu'elle vous aura été accordée, et d'en lever deux copies bien en forme pour en envoyer l'une, s'il vous plaît, audit sieur Husson, à Tunis, et nous adresser
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l'autre à Saint-Lazare-lès- Paris; et me faisant l'honneur de me mander ce que vous aurez fait avancer pour tout cela, nous mettrons aussitôt l'argent aux mains de madame l'ambassadrice, laquelle j'ai eu le bonheur de voir, et qui m'a fait espérer celui de nous être favorable auprès de vous, à qui je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.