‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 260 sur 267 · A M. OZENNE · texte numérisé non relu

A M. OZENNE

SUPERIEUR, A VARSOVIE

li annonce le prochain départ des missionnaires destinés à remplacer ceux qui ont quitté la Pologne. — II l'engage à vivre en bonne harmonie avec les diverses communautés, en particulier avec celles qui se montreraient hostiles.

Paris, 29 mai 16 ['4.

Monsieur,

Dieu veuille que ce que j'ai mandé à M. Zelazewski lui touche efficacement le cœur; il n'y a pourtant pas d'apparence, vu la légèreté de son esprit et l'amour qu'il a pour soimême. Dieu a permis qu'au commencement de toutes les communautés, plusieurs en soient sortis, et quelques-uns avec scandale : il en sait les raisons ; c'est à nous de nous préparer à cela et d'adorer ses conduites.

Nous hâtons, comme je vous ai dit, le départ de ceux que nous vous avons destinés, et j'espère qu'ils pourront être prêts vers la fin de ce mois. Mandez-moi ce que vous pensez de M. Guillot, en cas qu'il se résolve de retourner en Pologne-, s'il prend cette résolution bientôt, je l'enverrai avec les autres sans attendre votre réponse.

Je suis bien aise que votre sentiment s'accorde avec le mien, à l'égard de M. Gigot ^ et de son latin ; nous verrons si nous pourrons vous en donner un autre plus propre. Nous avons envoyé nouvellement à Troyes M. Chardon ^, qui a assez

1. M. Denis Gigot, né à Conncmarie-en-Montois, diocèse de Sens, en 1625 ; reçu à Paris, le 22 juillet 1G47.

2. M. Philibert Chnrdon, ne en novembre 162g, à Annecy; reçu à Paris le 3 octobre 1647.

bien étudié, afin qu'il se forme aux exercices des missions ; aussi ont-ils eu besoin de secours à cause de la cure de Barbuise % qu'ils desservent, et dont Mgr l'évêque veut faire servir le revenu, qui est d'environ deux mille livres, à la subsistance du séminaire. J'avoue qu'il est temps qu'on voie de delà nos fonctions, et que la reine, qui a fait tant de dépenses pour nous, aurait raison de se plaindre d'un plus long retardement. Dieu pardonne à ces deux messieurs qui vous ont quitté dans le besoin. II faut donc faire ce que vous pourrez avec M. Desdames et M. Duperroy.

Je vous ai écrit un moyen pour commencer un séminaire, et vous m'avez: fait espérer qu'à cette Pentecôte vous auriez les ordinands. Si Dieu vous fait cette grâce, j'en aurai grande consolation pour le bien que les ecclésiastiques et l'édification du public en pourront recevoir.

Quant aux assauts que vous craignez de la part de quelques communautés, j'espère de la bonté de Dieu qu'ils n'arriveront pas, et je vous prie de faire toutes les avances pour les empêcher, prévenant ces bons pères de vos respects, services et déférences, comme nous tâchons de faire ici, à quoi nous n'avons pas beaucoup de peine; et je suis bien résolu, quand ils me jetteraient de la boue sur le visage, de n'en témoigner jamais aucun ressentiment, pour ne rompre avec eux ni m'éloigner de l'estime et de l'honneur que je leur dois, et cela en vue de Dieu.

Que s'ils s'éch&ppent à dire ou à faire quelque chose de fâcheux contre votre petite barquette, quand ce serait même à dessein de la faire submerger, souffrez-le pour l'amour de Dieu, qui saura bien vous garder du naufrage et faire succéder le calme à la tempête; ne vous en plaignez pas, n'en dites pas seulement un mot, et ne cessez pas pour cela de les obliger aux rencontres, comme si rien n'était. Il ne se faut

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