‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 263 sur 267 · A M. LEBAS · texte numérisé non relu

A M. LEBAS

PRÊTRE DE LA MISSION, A AGDE

Il lai rappelle que si nous devons nous défier de nous-mêmes, nous devons plus encore

nous confier en Dieu.

10 juillet 1654.

Je rends grâces à Dieu de ce que vous savez l'art de vous bien déchirer, j'entends la manière de vous bien humilier, qui est de reconnaître vos fautes et de les découvrir ; vous avez raison de vous croire tel que vous vous dépeignez et fort impropre à toutes sortes d'emplois ; car c'est sur ce fonde-

ment que Notre -Seigneur établira l'exécution des desseins qu'il a sur vous; mais aussi, Monsieur, quand vous faites ces réflexions sur Tétat de votre intérieur, vous devez élever votre esprit à la considération de' son adorable bonté. Vous avez grand sujet de vous défier de vous-même, il est vrai; mais vous en avez un plus grand de vous confier en lui. Si vous êtes enclin au mal, vous savez qu'il l'est sans comparaison davantage à faire le bien, et à le faire bien, et à le faire même en vous et par vous.

Je vous prie de faire votre oraison sur ceci, et durant le • jour quelques élévations à Dieu pour lui demander la grâce de vous bien établir sur ce principe : qu'après avoir jeté les yeux sur vos misères, vous les portiez toujours sur ses miséricordes, vous arrêtant beaucoup plus sur sa magnificence envers vous que sur votre indignité envers lui, et plus sur sa force que sur votre faiblesse, vous abandonnant dans cette vue entre ses bras paternels, et dans l'espérance qu'il fera luimême en vous ce qu'il prétend de vous, et qu'il bénira ce que vous ferez ; avec cela. Monsieur, tenez votre cœur préparé à recevoir la paix et la joie du Saint-Esprit, etc.

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