‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 42 sur 267 · A MADEMOISELLE LE GRAS · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE LE GRAS

li exalte la grandeur des œuvres des lilles de la Charité, leur donne des conseils pour bien passer le temps de leur voyage, et leur marque ce qu'elles auront à faire, arrivées à Richelieu.

Saint-Lazare^ i«' octobre i638.

Mademoiselle,

Très volontiers je prie Notre-Seigneur qu'il donne sa sainte bénédiction à nos chères sœurs, qu'il leur fasse part de l'esprit qu'il a donné aux saintes dames qui l'accompagnaient, et coopéraient avec lui à l'assistance des pauvres malades et à l'instruction des enfants. Bon Dieu ! Mademoiselle, quel bonheur à ces bonnes filles de s'en aller continuer la charité que Notre-Seigneur "exerçait sur la terre,

au lieu où elles vont ! Et qui le dirait, les voyant ensemble, ces deux, commes elles sont dans ce coche, qu'elles s'en allassent pour un œuvre si admirable aux yeux de Dieu et des anges, que THomme-Dieu Ta trouvé digne de lui et de sa sainte Mère ? O que le ciel se réjouira de voir cela, et que les louanges qu'elles en auront dans Tautre monde seront admirables ! Qu'elles iront la tête levée au jour du jugement ! Certes, il me semble que les couronnes et les empires sont de boue en comparaison de celles dont elles seront couronnées.

Il ne reste qu'à aviser qu'elles se comportent dans l'esprit de la sainte Vierge, en leur voyage et en leur action; qu'elles la voient souvent comme devant leurs yeux, devant ou à côté d'elles; qu'elles fassent comme elles s'imagineront que pourrait faire la sainte Vierge; qu'elles considèrent sa charité et son humilité, et qu'elles soient bien humbles à l'égard de Dieu, et cordiales entre elles-mêmes, bienfaisantes à tout le monde, et à mésédification à nul; qu'elles fassent leurs petits exercices tous les matins, ou avant que le coche parte, ou par les chemins ; qu'elles apportent quelque petit livre pour lire par fois, et que d'autres elles disent le chapelet ; qu'elles contribuent aux entretiens qui se feront de Dieu, et nullement à ceux du monde, moins encore aux gaillards, et • qu'elles soient des rochers contre les familiarités que les hommes voudraient prendre avec elles. Elles coucheront à part dans une chambre qu'elles demanderont d'abord aux hôtelleries ou dans celle de quelque honnête femme, s'il y en a dans le coche ; que s'il n'y en a aux hôtelleries des coches, qu'elles se logent auprès, si elles y trouvent cette commodité.

Étant arrivées à Richelieu, elles iront saluer le Saint- Sacrement d'abord, verront M. Lambert', recevront ses

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