A M. ESC ART
PRÊTRE DE LA MISSION, A ANNECY
II l'engage à éviter de blâmer son supérieur, par des motifs tirés de la conduite desapôtres. ~ 11 le prie de faire oraison sur sa lettre.
Paris, 14 novembre 1640.
Monsieur,
J^ai reçu la vôtre avec une consolation très particulière, voyant la façon avec laquelle vous avez pris ce que je vous ai écrit touchant la peine que vous avez à Tégard de M. Codoing'. O Monsieur, que j^en rends grâces à Dieu, comme aussi du zèle qu'il vous donne pour l'observance des petits règlements et pour l'avancement à la vertu de la personne dont vous me parlez. Mais pour ce que le zèle comme les autres vertus deviennent vices par l'excès, il faut bien se garder de ne pas se laisser tomber dans ce labyrinthe; car le zèle qui sort hors l'enclos de la charité du prochain n'est plus zèle, mais passion d'antipathie; j'avoue que le commencement peut avoir été zèle, mais que l'excès l'a fait dégénérer en ce que je vous viens de dire; et la marque de cela est que, ni ce que notre révérende et digne mère* vous en a dit (qu'on ne voudrait pas souscrire à votre lettre que vous^ m'avez écrite la dernière) n'a pas ôté de votre esprit les sentiments (baste pour les sentiments), mais pas même ôté ni diminué l'opinion que vous en aviez.
C'est pourquoi, Monsieur, je vous prie très humblement de bien penser à cela sérieusement devant Dieu, et à ce que je m'en vas vous dire, qui est: i*" que Notre-Seigneur impute à soi-même le mépris auquel vous avez cette personne-là,. qui vos spernit me spernit; 2*^ que ce qu'il paraît qu'il a le plus blâmé en l'Évangile, ce sont les jugements téméraires;.