I . Le marquis de Saint-Chamond
enfin ayant plu à Dieu de donner une approbation universelle à cette bonne œuvre, en sorte que partout chacun com-: mence à y prendre goût et y travailler, et la miséricorde de Dieu accompagnant cette œuvre de ses bénédictions, il me semble qu'il faudrait quasi un ange du ciel pour nous persuader que c'est la volonté de Dieu qu'on abandonne cette œuvre, pour en prendre une autre qu'on a déjà entreprise et qui n'a pas réussi en plusieurs endroits, et quand néanmoins le saint Concile de Trente recommande cette œuvre.
Nous nous sommes donnés à Dieu pour le servir en cela partout où nous le pourrons. Vous avez commencé ; monseigneur d'Alet' fait de même; monseigneur de Saintes^ a ce même dessein, et nous allons commencer en cette ville pour en faire un essai de douze, à quoi Son Excellence nous aide de mille écus.
Ce bon serviteur de Dieu voudrait que la chose allât plus vite ; mais il me semble que les choses de Dieu se font peu à peu et quasi imperceptiblement, et que son esprit n'est pas violent ni tempestif. Je vous ai dit ci-dessus que je vous priais de le voir ; mais j'ai pensé depuis qu'il n'y avait pas d'urgence et qu'il suffira que vous lui envoyiez mes lettres.
Je suis bien aise. Monsieur, que votre nature soit revenue de ces mouvements pressants que vous ressentiez pour Rome au commencement, et que vous le craigniez à présent, parce que ce sera le pur amour de Dieu qui vous y amènera et fera son œuvre par vous. Allez donc. Monsieur, in nomine Domini; dans cette confiance, écrivez-moi souvent et de toutes choses. Choisissez un lieu bien sain pour votre habitation à Rome; la lettre du cardinal Mazarini est écrite
1. Mgr Pavillon commença, mais ne continua pas, car deux ans après il renvoya les missionnaires. Ses tendances jansénistes expliquent sa conduite.