‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 80 sur 267 · A M. CODOING · texte numérisé non relu

A M. CODOING

PRÊTRE DE LA MISSION, SUPÉRIEUR A ROME

Consolation au reçu de deux de ses lettres. — II est disposé k accepter les missions

étrangères.

23 mai 1642.

Monsieur,

Je ne puis vous expliquer la consolation que vos deux lettres m'ont donnée, qu'en vous disant que, depuis que je suis en la Compagnie, je ne sache pas en avoir reçu une seule d'aussi sensible que celle-ci ; en sorte que je crains l'avoir laissée trop étendre dans mon esprit par deux ou trois diverses fois, pendant un quart d'heure à chaque fois. O Monsieur, que les abominations de ma vie m'affligent en la vue de cette miséricorde de Dieu sur la Compagnie! J'approuve fort que vous ayez dit à Mgr Ingoli que le peu d'ouvriers que nous sommes et l'obligation que nous avons à nosseigneurs les évêques ct'rca missiones faciendas, nous

ôtentpour le présent le moyen de nous prévaloir de la grâce que sa bonté nous offre, de moyenner vers la sacrée Congrégation de propaganda fide sa protection pour la Compagnie; et je pense, Monsieur, que vous ferez bien d'en demeurer là, de faire tourner votre conduite auprès de lui sur ce fondement, et de rassurer, comme je lui ai mandé par M. Lebreton, que je crois que, n'y ayant que Sa Sainteté qui puisse envoyer, ad gentes^ tous les ecclésiastiques sont obligés de lui obéir quand il leur commandera d'y aller, et que cette petite Compagnie est élevée dans cette disposition, que, toutes choses cessantes, lorsqu'il plaira à Sa Sainteté de l'envoyer, a capite ad calcem^ en ces pays-là, elle ira très volontiers. Plût à Dieu, Monsieur, qu'il nous eût rendus dignes d'employer nos vies comme Notre-Seigneur pour le salut de ces pauvres créatures éloignées de tout secours ! Vous ménagerez cela selon votre prudence ordinaire, etc.

66, — A M. CODOING,

PRÊTRE DE LA MISSION, SUPÉRIEUR A ROME

Fondation de ]a Mission à Rome. — Son indifférence, pourvu que Dieu soit servi, au sujet de quelques nouvelles communautés. ~ Prières qu'il faisait à Dieu pour leur propagation. — Il modère le zèle empressé d'un des siens.

2 juillet 1642.

A l'heure que je vous parle, M. Portail, qui représente le supérieur à Paris, me mande qu'un fort bon et excellent ecclésiastique, qui se présente chez nous à Paris, leur a dit que, si nous ne le prenions à cause de monseigneur l'évêque du Puy, auquel nous l'avons donné de peur de leur déplaire, il s'en ira se mettre au séminaire que commencent MM. les abbés Olier, de Foix, Brandon et quelques autres, à Vaugirard, d'où ils sont venus à Saint-Sulpice, dont ils ont traité

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