A UN MAGISTRAT
II le prie de protéger les prêtres de la Mission dans leur établissement du Saint-Esprit,
à Toul. — Motifs de cet établissement.
Paris, i3 décembre 1643.
Monsieur,
Ayant eu avis, par l'un des prêtres de notre petite Congrégation de la Mission de Toul, comme vous êtes pressé de nous troubler en notre petit établissement, en la maison du Saint-Esprit, par quelques personnes desquelles il ne plaît point à Dieu que nous ayons mérité la bienveillance, et que votre bonté n'a point voulu agir contre nous sans que j'en fusse averti, je me donne la confiance de vous faire la présente pour vous en remercier très humblement, et pour vous supplier très humblement. Monsieur, de nous protéger dans notre établissement.
Voici les raisons que je vous représente à cet effet. Monsieur. La première, que nous ne sommes pas intrus dans cette maison-là, et que nous y avons été appelés par le défunt évêque, qui était un personnage d'insigne piété, et cela, trois ans avant que nous y ayons voulu entendre ; la deuxième, pour ce qu'il en a usé ainsi sur l'instance que lui en fit avant de mourir le dernier commandeur de cette maison-là, en la vue de ce qu'il ne laissait que deux religieux, aucun desquels n'ayant point les qualités acquises pour y soutenir, ou pour mieux dire, y rétablir la discipline, et qu'il ne restait quasi plus de religieux de cet ordre en France ni en ces quartiers-là; la troisième, que ce bon prélat, ensuite delà requête que ce bon homme lui présenta, par laquelle il le priait de pourvoir de personnes qui pussent suppléer au défaut des religieux, présenta requête au roi, par laquelle il
représenta à sa Majesté ce que ce bon commandeur lui avait représenté, et la supplia d'agréer qu'il introduisît un séminaire de prêtres en cette maison, pour travailler à l'instruction du pauvre peuple de la campagne et des ordinands de son diocèse ; ce que sa Majesté lui accorda, ensuite de l'avis qu'il en demanda à son intendant de la justice de Lorraine, et qu'il lui donna après avoir ouï la magistrature et les échevins de la ville de Toul (le conseil ordonna que le roi serait prié d'écrire à Sa Sainteté pour l'union de cette maison-là audit séminaire de prêtres) ; la quatrième, que, ensuite de cet arrêt du conseil, l'on a fait instance à Rome, où l'on travaille encore pour ladite union, qui est contredite par le commandeur du Saint-Esprit de Rome, qui prétend avoir juridiction sur cette maison, et que cependant le conseil trouva bon de faire pourvoir un de la Mission de ladite commanderie, tant par le roi que par ledit commandeur de Rome ; la cinquième, que celui qui est pourvu de ladite commanderie a transigé avec les deux religieux qui restaient à la maison susdite, pour leurs pensions; au moyen de quoi je dus consentir à l'union de la commanderie à la Congrégation de la Mission, et que cette transaction est enregistrée au parlement de Metz ; la sixième, outre le droit desdits religieux, nous avons encore celui d'un qui a été pourvu par celui qui se dit Général du Saint-Esprit en France.
Voilà, Monsieur, l'issue de cette affaire, et ensuite de quoi nous sommes dans la maison du Saint-Esprit à Toul, ce que vous aurez pu apprendre d'autres personnes.
Voici la réponse aux objections qu'on nous a faites.
L'on dit que l'on n'a pu nous introduire là dedans par la règle : regularia regularibus^ et secularia seculartbus. Nous répondons que les canons permettent aux évêques de mettre des prêtres séculiers là où il ne se trouve point de religieux de l'ordre.
L'on vous a dit, Monsieur, que le bien du Saint-Esprit appartient aux pauvres, et qu'il a été fondé pour l'assistance des pauvres. [Le reste de la lettre manque,)