‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 84 sur 267 · A M. CODOING · texte numérisé non relu

A M. CODOING

SUPÉRIEUR, A ROME

Le siège du Général de la Congrégation ne doit pas être à Rome.

10 juillet 1643.

Monsieur,

Je vous ai déjà dit que ce que vous m'écriviez du siège du Général à Rome souffre de grandes difficultés ; que vous voyez celles de delà, et que je les vois comme vous et celles de toute la Compagnie. II y a cette différence entre les vues d'un particulier et celles du Général, que le premier ne voit et ne sent que les choses qui lui sont commises et n'a grâce déterminée que pour cela, et que la bonté de Dieu en donne au Général en l'étendue de toute la Compagnie. Ce n'est pas que le particulier ne voie les mêmes choses que le Général et peut-être davantage; mais son humilité lui en doit donner de la défiance, et le Général doit avoir confiance que, comme Dieu proportionne la grâce à la vocation, il lui fera celle de choisir ce qui sera le meilleur pour la Compagnie, notamment aux choses de grand poids auxquelles il y a longtemps qu'il pense et pour lesquelles il prie. Ce n'est pas qu'il ne se puisse tromper et que l'inférieur ne puisse peut-être mieux rencontrer; mais celui-ci ne doit pas présumer cela, ni tenir ferme contre ce que le Général pense le meilleur devant Dieu. N'en parlons donc plus, Monsieur, je vous en prie, mais prions Dieu pour cela et humilions-nous très bien; Dieu ne permettra pas que la

chose manque à se faire en son temps, s'il l'a agréable, comme je l'espère.

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