‹ Lettres de S. Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 88 sur 267 · A M. CODOING · texte numérisé non relu

A M. CODOING

SUPERIEUR, A ROME

Il loi parle de la tentative des petits séminaires qui n'a pas réassi.

Paris, i3 mai 1644.

Monsieur,

J'ai vu celles que vous aviez écrites à MM. Portail et d'Horgny, du i6 du mois passé, et ai pensé et repensé à la proposition que vous me faites du séminaire de Veletry et

de Buten, à en faire de même à l'égard de pareils établissements; et je vous dirai qu'il me semble qu'il n'y aura pas danger d'entendre à l'intention de monseigneur le cardinal pour Veletry, pour faire un essai de ce dessein. Les choses en leur succès ne répondent pas d'ordinaire aux idées qu'on en a conçues. L'ordonnance du concile ' est à respecter comme venant du Saint-Esprit ; l'expérience fait voir néanmoins que de la façon qu'on l'exécute, à l'égard de l'âge des séminaristes, la chose ne réussit pas, ni en Italie, ni en France; les uns se retirant avant le temps, les autres n'ayant pas l'inclination à l'état ecclésiastique, les autres se retirant dans les communautés, et d'autres fuyant les lieux auxquels ils sont liés d'obligation par leur élèvement, et aimant mieux brusquer fortune ailleurs. Il y en a quatre dans le royaume, à Bordeaux, à Reims, à Rouen, et ci-devant un à Agen : ni l'un ni l'autre de ces diocèses n'en reçoivent aucun bon effet; et je. crains que, hors Milan et Rome, les choses ne soient de même en Italie.

C'est autre chose que de les prendre âgés de vingt jusques à vingt-cinq ou trente ans. Nous en avons vingt-deux dans notre séminaire des écoliers des Bons- Enfants, entre lesquels l'on n'en voit que trois ou quatre qui soient passables, ni qu'on espère qu'ils persévèrent, quelque soin qu'on y apporte, dont j'infère la raison de douter, pour ne pas dire la conséquence vraisemblable, que la chose ne réussira pas comme l'on se le propose. M. d'Autier et M. Le Bègue assurent que cela leur réussit. Or je ne doute que cela ne soit vrai à leur égard dans ce commencement; mais certes. Monsieur, il est bien à craindre qu'avant que les fruits ne soient venus à leur maturité, que les divers accidents que j'ai dit ne les gâtent ; et puis quand il plairait à Dieu d'y donner quelque bénédiction à 1^ Compagnie, il n'est pas

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