‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 122 sur 294 · A M. DESDAMES · texte numérisé non relu

A M. DESDAMES

PRÊTRE DE LA MISSION, A VARSOVIE

Il le loue de la générosité et de la constance de sa conduite.

Paris, I" février 1^58.

La grâce de Notre-Seigneur aille croissant en vous, en cette nouvelle année et pendant toute Téternité.

Je ne puis passer outre sans vous prévenir de mes justes souhaits, encore que je sois privé de vos chères lettres. Car, comme il a plu à Dieu d'exercer sa force en vous et par vous, vous faisant demeurer ferme au milieu des agitations, et surmonter tant et tant de difficultés qui ont éprouvé votre patience, il m'en est resté en Tàme un tel sentiment d'estime et de tendresse pour votre personne, et de reconnaissance envers Dieu, que je ne puis quasi penser à lui sans faire réflexion sur vous, ni penser à vous sans vous offrir à lui. Je le remercie souvent des grâces qu'il vous a faites, et de l'édification que vous avez donnée à toute la petite Compagnie qui vous 'regarde comme un exemple de constance; je. prie aussi sa divine bonté qu'elle vous fortifie de plus en plus de sa vertu, afin que, servant de fondement à la même Compagnie en Pologne, elle y soit fermement établie, comme sur un rocher immuable, pour le service de ce même Seigneur que vous servez avec tant de cœur et de résolution. Le calme n'est pas encore assuré à Varsovie, ni les missionnaires ne sont pas au bout de leurs souffrances. Il faut espérer que Notre-Seigneur leur continuera sa protection, et qu'ayant fondé et ptendu son Église par les persécutions, il élèvera de même dans les orages leur petit édifice. Je le prie surtout, Monsieur, qu'il vous conserve, et autant que je le puis. Je vous recommande le soin de votre santé. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

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