‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 132 sur 294 · A M. JOLLY · texte numérisé non relu

A M. JOLLY

SUPéRlEUR^ A ROME.

II montre que l'opposition faite à l'expédition de la balle d'union de Saint-Méen

ne repose sur aucun fondement.

10 mai i638.

Monsieur,

Puisque le procureur général de Saint-Maur s'est opposé à l'expédition de nos bulles de Saint-Méen, ce n'est pas chose faite. J'ai toujours appréhendé cette traverse (avec résignation néanmoins à ce qu'il plaira à Dieu d'en ordonner). lime semble que cette opposition est sans fondement, parce que ces bons pères delà réforme n'ont droit d'entrer dans aucune / maison de Saint-Benoît, s'ils n'y sont appelés selon la bulle de

leur érection. Et n'importe de dire qu'étant les enfants de ce saint, ils peuvent réclamer son bien quand on le veut aliéner de son ordre ; car tout le bien de l'Église appartient à l'Église ;

et si saint Benoît vivait encore, il ne nierait point cette vérité, lui qui était enfant de l'Église-, et il avouerait que le bien de son ordre lui aétédonnéparrÉglise, à cause du secours qu'elle recevait pour lors de lui par les séminaires d'ecclésiastiques qu'il élevait pour remplir dignement les bénéfices. Or ils ne fpnt plus cela, et l'Église ayant ordonné que les évêques érigeront des séminaires, et le roi qu'ils y uniront des bénéfices et autres revenus, n'est-il pas juste que l'Église se serve quelque peu de ce bien-là, de l'autorité du prince et du prélat, et du consentement des légitimes possesseurs, pour suppléer à ce que les Bénédictins ont fait autrefois et qu'ils ne font plus? Nous attendrons avec patience l'événement de cette affaire, etc.

Page 1