‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 15 sur 294 · A M. OZENNE · texte numérisé non relu

A M. OZENNE

SUPÉRIEUR^ A VARSOVIE

11 exprime sa dou'eur de la guerre que la Suède fait à la Pologne, et sa confiance qu*il ne sera fait aucun mal aux missionnaires. -> Il annonce l'envoi de missionnaires ù Madagascar.

Paris, 3 septembre i655.

Monsieur,

J'ai reçu votre lettre du dernier ordinaire, et une augmentation de douleur pour l'affliction où se trouve la Pologne et surtout le roi et la reine ; je vous avoue qu'elle m'est des plus sensibles qui me soit jamais arrivée, tant à cause de leur intérêt que pour celui de l'Église qui souffre en cette partie. C'est pourquoi nous prions ici et faisons prier partout, afin que Dieu protège ce royaume-là, et bénisse, s'il lui plaît, les armes et les intentions de Leurs Majestés. J'ai une particulière confiance qu'il le fera, et que, quand même la ville de Varsovie serait prise, et les missionnaires avec elle, il ne vous sera fait aucun mal; car, outre que vous avez été recommandés à M. N., agent pour la France auprès du roi de Suède, pour vous mettre sous sa protection, nous savons que son prédécesseur faisant la guerre en Allemagne n'a jamais fait de mal aux prêtres. Courage donc. Monsieur 1 ne vous inquiétez pas; ce que le bon Dieu garde est bien gardé. Nous

continuerons de vous offrir à lui d'une manière spéciale, et vous devez vous y confier beaucoup ; car il ne permet cela que pour avoir sujet de vous défendre, et sans cela il aurait raison de vous abandonner à la puissance des hommes.

Nous avons fait revenir M. Berthe, les frères et les sœurs, lorsqu'ils étaient sur le point de s'embarquer, et nous avons fait partir en même temps quatre prêtres de divers endroits pour se rendre à Nantes, où il y a quatre vaisseaux prêts à lever Tancre pour Madagascar ; or ces quatre prêtres missionnaires ne se mettront pas tous dedans, mais seulement deux, qui arriveront les premiers, si tant est qu'ils y soient à temps; et en cas que tous y arrivent assez tôt, M. Dufour et M. Feydin feront le voyage, et les autres s'en reviendront, à savoir, M. Gignol et M. de Belleville K

Nous avons céans quatre petits nègres que nous élevons dans l'esprit du christianisme pour servir un jour d'exemple à leurs compatriotes. Que savons-nous siJDieu, irrité des désordres des propres enfants de son Église, n'a pas dessein de la transférer parmi les infidèles ? Son saint nom soit béni et sa sainte volonté accomplie en nous tous ! Je suis, en son amour, etc.

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