‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 150 sur 294 · A M. JOLLY · texte numérisé non relu

A M. JOLLY

SUPÉRIBUK, A KOME.

II bénit Dieu en apprenant que Ton aura une maison et que l'on sera chargé des ordinands. — Il fait observer que l'on peut accepter la paroisse, à cause du séminaire; — que l'on ne peut rien payer aux religieux que Ton remplacerait; — qu'on ne peut se charger de nourrir ni les ordinands ni les séminaristes.

6 septembre i658.

Monsieur,

Dieu soit loué de ce que les dernières propositions pour un logement et pour les ordinations semblent s'acheminer au point désiré ! Nos anciens qui ont vu la maison de Saint- Nicolas disent qu'elle est un lieu assez avantageux; mais je dois vous dire deux ou trois choses sur ce sujet.

La première est que peut-être il vaudra mieux y laisser la paroisse que de l'en séparer; il est vrai que nous avons fait difficulté de nous charger des cures, surtout aux villes épiscopales, et où il y a parlement ou présidial ; mais l'expérience nous a fait connaître que là où il y a un séminaire, il est bon que nous y ayons une paroisse pour y exercer les séminaristes, qui apprennent mieux les fonctions curiales par la pratique que par la théorie. Nous en avons l'exemple en Saint-Nicolas-du-Chardonnet, où les ecclésiastiques qui en sortent sont tout prêts à servir une paroisse pour avoir été exercés en celle-là ; et ceux du séminaire des Bons-Enfants ne le sont pas tant, faute d'un pareil exercice,

quoiqu'on ait essayé de les dresser à cela : ce qui m'a fait penser, Monsieur, que vous feriez bien de représenter ce que je vous dis au R. P. Spada et à messeigneurs les autres prélats, qui s'emploient à l'avancement spirituel du clergé, non pour leur demander une paroisse, mais afin qu'ils jugent s'il est expédient que Sa Sainteté en destine une pour cela, au cas qu'elle ait dessein d'établir un séminaire à Rome, et de nous en donner la direction. La volonté de Dieu nous sera connue par la résolution qui en sera donnée par Sa Sainteté, et vous saurez par ce moyen que vous n'agirez pas contre notre intention en acceptant une paroisse pour un tel sujet ; mais nous ne devons ni la chercher, ni la souhaiter autrement.

La seconde chose est que, supposé qu'on vous loge à Saint-Nicolas ou ailleurs, nous ne sommes pas en état de rien payer, ni pour dédommager les religieux supprimés, ni pour contenter d'autres personnes intéressées.

La troisième chose regarde la dépense des ordinands; car, bien qu'à Paris nous les nourrissions gratis^ nous ne le pouvons pas faire à Rome, n'ayant que ce qu'il faut pour la subsistance de la famille. Vous ferez bien de représenter de bonne heure notre impuissance pour cela et pour le reste, et de donner cet expédient pratiqué en plusieurs diocèses de France, d'obliger chaque ordinand à payer sa dépense pendant les exercices, en cas que le Pape ne la veuille pas payer lui-même pour tous ; et de même chaque séminariste qui entrera au séminaire, de payer sa pension ; le tout enfin selon la taxe qui en sera faite, etc.

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