‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 151 sur 294 · A M. DESDAMES · texte numérisé non relu

A M. DESDAMES

SUPÉRIEUR, A TARSOVIE.

Il témoigne sa doalear de la mort de M. Ozenne. — Il expose les difficultés que présenterait actoelleoicnt qq établissement i Cracovie. — Il suggère U pensée de rénnir de jeunes Polonais pour former un séminaire interne. — II nomme M. Desdames supérieur, et lai envoie les actes de présentation pour la cure de Sainte-Croix.

Paris^ i3 septembre i658.

Monsieur,

Béni soit le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ de

Taffliction qu'il nous a envoyée en nous ôtant son serviteur M. Ozenne. Vous pouvez penser que notre douleur en est grande, et je juge par la mienne, qui m'est très sensible, que la vôtre ne Test pas moins. Mais comme c'est Dieu qui Ta , fait, c'est à nous de bien user de cette visite, en nous conformant à sa sainte volonté. Ce cher défunt est bien heureux d'être délivré de ce corps mortel, qui nous assujettit à tant de misères, et d'être maintenant en la maison de son Seigneur, comme nous avons sujet de le croire; et nous, nous ne sommes peut-être pas tant à plaindre que nous pensons de l'avoir perdu, puisqu'il nous assiste mieux là où il est que s'il était encore là où il était.

Je ne doute pas qu'il n'y ait difficulté en l'établissement de Cracovie; mais si le plaisir de Dieu est qu'il se fasse, sa Providence trouvera moyen d'en écarter les empêchements ; et au contraire, si les obstacles prévalent, ce sera un signe qu'elle voudra suspendre ce dessein, voyant que vous ne pourriez pas satisfaire à tout. Et, en effet. Monsieur, comment feriez-vous s'il vous fallait être en deux endroits, n'étant que deux prêtres ? car, quand nous vous en enverrions quelques-uns (ce qui nous serait difficile à présent), ils ne seraient pas en état de travailler de longtemps, faute de savoir la langue. Ce qui fait que, lorsque je pense aux moyens de fournir de bons missionnaires à la Pologne, celui-ci me

vient toujours à l'esprit : d'assembler une douzaine de bons jeunes hommes de delà (si on les pouvait trouver), et de les bien élever dans un séminaire, où ils puissent se former à la vertu et aux exercices ecclésiastiques. Je vous prie d'y penser et d'en concerter avec M. de Fleury. Nous n'enverrons point d'autre supérieur que vous, ni d'autre recteur. Je vous prie. Monsieur, de faire l'office de l'un et de l'autre. Je rends grâces à Dieu des conduites qu'il a tenues sur vous ; j'espère qu'il bénira les vôtres et qu'il sanctifiera votre âme de plus en plus, comme je l'en prie de tout mon cœur. Je fais la même prière pour le bon M. Duperroy, que je regarde comme un sujet de l'infinie bonté de Dieu, qui l'a exercé au dernier point pour avoir des motifs de le bénir aussi au dernier point. Je l'embrasse avec vous, et vous avec lui, avec toute la tendresse de mon cœur, prosterné en esprit à vos pieds. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

-P. -5. Je vous envoie un acte de présentation de votre personne, pour la cure, à Mgr de Posnanie ; et comme je suis en doute si M, Ozcnne était pourvu de la cure de Sainte-Croix je vous envoie deux diverses présentations, l'une comme la cure étant vacante par la mort de monsieur le curé, qui l'a résignée à la Compagnie, per modum unionis^ et l'autre, comme vacante par la mort de feu M. Ozenne, pour que vous vous serviez de celle qui sera convenable. Vous prendrez et suivrez les avis de M. de Fleury, en cela comme en toutes choses, s'il vous plaît.

Il m'est impossible d'écrire à M"* de Villers par ce courrier (l'on m'ôte la plume de la main pour m'en aller à l'assemblée des dames de la Charité) ; je lui écrirai par le prochain courrier.

Page 1