A M" L'ÉVÉQUE DE TRÉGUIER
11 expose les motifs du changement d*un missionnaire et proteste de sa déférence
pour le prélat.
17 septembre i658.
Monseigneur,
Le sujet pour lequel j*ai rappelé et envoyé à Saint-Méen notre frère Plunket, est que M. Dupont m'avait mandé qu'il faisait les leçons que le frère Plunket faisait auparavant, et qu'il n'en faisait plus, parce que messieurs vos séminaristes ne l'entendaient pas bien, à cause qu'il ne parle pas bien français ; et, ayant appris par lui la même chose, j'ai cru, Monseigneur, qu'il n'était pas juste qu'il vous fût à charge dans votre séminaire, et qu'il ne vous en fallait point d'autre pour enseigner, puisque M. Dupont faisait bien l'entretien. Que si absolument il vous en faut un autre, je tâcherai de vous l'envoyer, si vous me faites l'honneur de croire que je ne vous donnerai jamais sujet de mécontentement, et que, s'il y a quelque apparence du contraire en quelques-unes de mes actions, j'espère que vous suspendrez votre jugement jusqu'à ce que vous. Monseigneur, m'ayez ouï. J'aimerais mieux mourir ou rappeler les pauvres prêtres de la Mission, que de manquer à ce que je vous dois, et qu'eux et moi nous fussions à peine et à dégoût.
Nous avons eu céans l'honneur de voir M. l'abbé de Livery, votre neveu, qui y a fait ses exercices spirituels, en sorte que nous en sommes restés fort édifiés. J'espère, Monseigneur, qu'il sera un jour un bon prélat de l'Église de Dieu, et c'est de quoi je le prie, qui suis, en son amour et celui de sa sainte Mère, Monseigneur, votre, etc.