‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 155 sur 294 · I. Mgr Jean d'OIce · texte numérisé non relu

I. Mgr Jean d'OIce

pareilles, pour les mêmes fins pour lesquelles Dieu permit qu'en la Compagnie de Notre-Seigneur il arrivât des dégoûts et des changements, à savoir, pour exercer ceux qui les souffrent et pour humilier les supérieurs. Le remède à cela, c'est la patience, le support et la prière à Dieu, à ce qu'il redonne aux esprits leur première sérénité et l'ouverture de cœur qu'il convient. Vous y pourrez aussi contribuer, en les prévenant de témoignages d'estime, d'affection et de cordialité. Il arrive à une communauté ce qui arrive à une personne particulière, qui est de se trouver abattue, sèche et réservée ; et comme vous voyez les autres en cet état, vous devenez, ce semble, semblable à eux, et voilà l'ennui qui vous prend, et puis le découragement ; mais, au lieu de vous y laisser aller, il faut premièrement, tant que cela durera, tâcher d'honorer les actes de patience et de résignation pratiqués par Notre- Seigneur en pareilles occasions, particulièrement lorsque plusieurs de ses disciples, rebutés de sa sainte conduite et de sa doctrine admirable, s'étant départis de lui, il dit à ses apôtres : Et vous, me voulez-vous aussi quitter ? Il sera bon de savoir, confidemment, de quelqu'un d'où cela vient, et tâcher d'y remédier. Secondement, vous devez redoubler votre confiance en Notre-Seigneur, le constituant et le regardant comme le supérieur de votre maison, le priant sans cesse qu'il ait agréable de la conduire selon ses voies ; ne vous considérant que comme un pauvre instrument qui, s'il n'était en la main d'un si excellent ouvrier, gâterait tout.

Enfin, Monsieur, voilà M. Berthe qui part pour l'Italie, avec quantité d'autres. II vous ira voir. Dieu aidant, au retour de Gênes. Traitez avec lui cœur à cœur, et de toutes choses. J'espère que vous trouverez, par tous ces moyens, la paix et la joie pour vous et pour les vôtres, et l'avancement à la vertu pour tous en général et pour chacun en particu-

lier; mais sou venez- vous que la patience nous est autant nécessaire pour nous supporter nous-mêmes, que la charité pour supporter le prochain. Plaise à Dieu de nous donner Tune et Tautre. Je suis, en son amour, votre, etc.

P.'S. M. Berthe vous porte les règles imprimées de Ta Compagnie, pour être distribuées à chacun. Peut-être qu'en passant à Lyon il les laissera à M. de la Forcade pour vous les faire tenir; car il s'en va droit à Marseille.

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