A M. LEJUGE
PRÊTRE DE LA MISSION^ A GÊNES
I) loue sa disposition d'aller partout où la Providence renverra. — Il lui dit d'attendre, pour se rendre à Rome, que les chaleurs soient passées. — Il se charge d'arranger ses affaires de famille.— 11 lui nomme le missionnaire auquel il devra remettre celles de la procure de Gênes.'
Paris, 4 juillet 1659.
Monsieur,
Je suis bien aise que vous ne soyez pas parti pour Rome, pour les raisons que vous me mandez ; lorsque je vous ai prié d y aller, je n'ai pas fait attention à la saison trop avancée, et serais bien marri de vous avoir exposé à un air dangereux.
Dieu soit loué. Monsieur, de ce que vous êtes prêt de. faire partout sa très sainte volonté, et d'aller vivre et mourir quelque part qu'il aura agréable de vous appeler. C'est la disposition de ses bons serviteurs et des hommes apostoliques qui ne tiennent à rien ; c'est la marque des vrais enfants de Dieu, toujours en liberté de répondre aux desseins d'un si digne Père. Je l'en remercie pour vous. Monsieur, avec un grand sentiment de tendresse et de reconnaissance, ne doutant pas que votre cœur étant ainsi préparé ne reçoive les grâces du Ciel en abondance pour faire beaucoup de bien sur la terre, comme j'en prie sa divine bonté.
Vous pourrez donc vous tenir en état, s'il vous plaît, Monsieur, de partir pour Rome après les grandes chaleurs. Cependant je vous réglerai les affaires de votre maison paternelle, ainsi que vous le désirez, et je vous prie de donner connaissance à M. Sappia du revenu de votre famille et des affaires qui regardent votre procure, afin qu'il puisse en avoir
le soin en votre absence, selon Tinformation que vous lui en donnerez, et conformément aux ordres de son supérieur.
Je me recommande à vos prières, et je vous assure des miennes et des affections de mon cœur, qui chérit intimement le vôtre en celui de Notre-Seigneur, qui, de sa grâce, m'a rendu, en son amour, votre, etc.