‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 205 sur 294 · I. Ville de la province de Gênes (Italie · texte numérisé non relu

I. Ville de la province de Gênes (Italie

cherche des pensées pour s'exciter aux affections. Il pourra faire quelque acte de foi et quelque préparation simple au commencement, et puis se tenir là parce que Dieu le veut, comme incapable de méditer et indigne de converser avec sa divine Majesté, sans autre soin que d'éviter de bander sa tête. Il lui pourra arriver beaucoup de distractions, mais n'importe, il ne les ira pas chercher, et. Dieu aidant, il ne s'entretiendra en aucune volontairement. Si le mal était

grand, il le faudrait même dispenser de l'oraison quelque temps; et ce que je dis de lui, je le dis des autres qui pourront tomber dans la même incommodité, à quoi le directeur du séminaire doit prendre garde, recommandant souvent aux séminaristes de jeter en Dieu de simples regards, sans se concilier sa présence par quelques efforts sensibles, de s'abandonner à lui sans raisonnement, et de s'affectionner aux vertus sans les vouloir pénétrer par la connaissance ou l'imagination.

Le frère Minvielle ' pourra être admis à faire les vœux à la fin de ses deux années. On ne peut empêcher qu'il n'ait des passions; mais Dieu lui fera la grâce, s'il lui plaît, de n'agir pas selon leurs mouvements, par l'attention qu'il fera aux vertus contraires.

C'est en la présence du supérieur que l'on doit faire et renouveler les vœux, ou de celui qu'il députera, et non pas du directeur du séminaire, en tant que directeur. Que si cela a été fait quelquefois en présence du directeur du séminaire de Saint-Lazare, c'est parce que je n'ai pu assister à cette sainte action, ni celui qui me représente; et, à cause de cela, j'ai prié quelqu'un de s'y trouver à ma place.

Il est vrai qu'il serait fort bon que le supérieur demeurât

I. Jean Minvielle, né en i63o, au bourg de Paire, diocèse de Lescar; reçu à Paris le z3 octobre lôSy, a fait les vœux à Gènes le i3 octobre i65g^ en présence de M. Pesnelle.

toujours à la maison, et vous avez raison de dire que ceux qui en ont le soin, en son absence, ont peine, à son retour, à se soumettre et de quitter Thabitude qu'ils ont prise de conduire et d'ordonner; mais aussi, quand le supérieur ne va pas en mission, il en arrive d'autres inconvénients plus considérables et plus à craindre.

Je vous envoie la lettre que monsieur votre frère m'a écrite ensuite de la vôtre qu'il a reçue. Je lui ai fait réponse que, puisque vous avez tant attendu, vous attendrez encore le temps qu'il demande ; et, après lui avoir touché quelque raison pour laquelle vous vous sentez obligé d'entrer en partage, je l'ai assuré que vous avez toujours été dans cette résolution, comme il est vrai que vous me l'avez ainsi écrit de temps en temps. Nous verrons, lorsque monsieur votre frère qui est en voyage sera de retour, en quelle disposition ils seront. La mienne est d'être dans le temps et dans l'éternité, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

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