‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 204 sur 294 · A M. PESNELLE · texte numérisé non relu

A M. PESNELLE

SUPÉRIEUR^ A GÊNES

Il le remercie des détails qa*il lai a donnés sur sa famille. — 11 demande que Ton renvoie un jeune homme malade. — II indique la manière dont ceux qui ont des maux de tôte doivent faire oraison. — II admet un clerc à faire les vœux. — Cest en présence du supérieur qu*ils doivent 2tre prononcés. —- S'il y a inconvénient à ce que le supérieur s'éloigne de la maison, il y en aurait s*il n'allait pas en mission.

Paris, 25 juillet 1659.

Monsieur,

J'ai été fort aise de voir le détail de votre famille; je vous . en remercie très afiFectionnément. Vous me Tavez fait d'une si bonne manière qu'il me semble voir les choses comme elles sont. Il y a sujet d'espérer qu'elles iront de bien en mieux par votre sage conduite, qui paraît humble, charitable, simple et judicieuse. Dieu se trouve toujours dans l'usage de ces vertus, particulièrement des deux premières, et à proportion que vous tâcherez de les mettre en œuvre, ne doutez pas. Monsieur, que Dieu n'opère en vous et par vous, et que tout ne réussisse à bien.

L'état du corps et de l'esprit de M. Carron ne requiert pas seulement qu'on diffère à le recevoir aux vœux, mais il n'est pas expédient qu'il les fasse, ni par conséquent qu'il demeure davantage en la Compagnie. Vous pourrez donc le prier de se retirer quand il lui plaira, et lui en dire la raison, qui est la crainte qu'il soit pulmonique et hors d'état de s'assujettir à une vie réglée, et d'être employé à nos fonctions. Vous lui donnerez quelque argent, s'il vous plaît, pour se pourvoir.

Quant au jeune homme de Chiavarî ', qui se plaint de la tête et de l'estomac, il faut lui faire cesser les applications de l'esprit, même de l'oraison; ou, s'il en fait, que ce soit passivement, recevant ce que Dieu lui donnera, sans qu'il

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