PRÊTRE DE LA MISSION^ EN VISITE A RICHELIEU
21 septembre 1659.
Monsieur,
Vous savez que notre petite Compagnie a pour règle, de même que toutes les communautés de l'Église de Dieu bien réglées, que chacun peut écrire au Général sans montrer sa lettre au supérieur particulier, et que ledit supérieur ne doit pas voir non plus les lettres que ledit Général envoie à ceux de cette maison-là. Cependant je suis averti que quelques supérieurs, qui sont peu en nombre, ont peine que cela se fasse ainsi, voulant tout voir et tout savoir ; et que cette curiosité^ ôtant la liberté à ceux qui sont sous eux de décharger leurs cœurs et proposer leurs doutes à celui de qui seul, après Dieu, ils attendent quelque soulagement ou résolution, cause de fâcheux inconvénients par une telle contrainte. C'est pourquoi. Monsieur, je vous prie de recommander à toutes nos familles où vous passerez, et même en plein chapitre, l'observance de cette règle, disant aux inférieurs d'écrire librement audit Général quand besoin sera, et qu'ils cachettent leurs lettres du sceau de la Communauté ; et à chaque supérieur, qu'ils leur donnent des cachets, qu'ils nous envoient leurs
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lettres sans les voir, et qu'ils leur rendent pareillement celles qui sont cachetées du sceau du Général sans les ouvrir. Vous vous informerez exactement partout si cela s'y pratique, et demanderez, s'il vous plaît, à chaque particulier, s'il est libre, afin de nous en donner avis. Je suis, en l'amour de Notre- Seigneur, votre, etc.