A M. GENTIL
PRÊTRE DE LA MISSION, AU MANS
Il lui rappelle que le premier savoir du procureur est de nourrir convenablement
ses confrères.
9 novembre lôSg.
Monsieur,
J'ai nouvelle d'une de nos maisons que la mauvaise nourriture qu'on y donne fait de mauvais effets dans les corps et dans les esprits, en sorte que si la personne qui a soin de la dépense et qui, pensant épargner, ?e porte à cet excès de ménagerie, ne fait un meilleur ordinaire après l'avertissement
que je lui en fais, et la lettre que je lui en écris, je serai con traint d'en mettre un autre à sa place, qui donne raisonnablement de quoi sustenter la famille, comme l'on fait à Saint-Lazare et ailleurs; car, faute de cela, plusieurs en sont indisposés.
Je vous dis ceci. Monsieur, à cause que vous êtes en pareil office, afin que vous ayez soin, s'il vous plaît, d'éviter semblables inconvénients, tâchant de donner de bon pain, de bonne viande, et de ne pas vendre le meilleur vin pour en donner de pire', ni exposer la communauté aux plaintes d'un avare traitement. J'ai été si touché de celles qu'on m'a faites de la maison dont je parle, que j'appréhende grandement que d'autres me donnent un même sujet d'affliction. J'espère que ce ne sera pas de votre côté. Je vous prie d'y faire attention, etc.