‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 236 sur 294 · A M. PESNELLE · texte numérisé non relu

A M. PESNELLE

SUPÉRIEUR, A GÊNES

Il l'engage à ménager ses forces. — II se réjouit de Taccroissement du séminaire interne.

— II lui parle de ses arrangements de famille.

Paris, 12 décembre lôSg.

Monsieur,

J'ai reçu votre lettre du 19. Je rends grâces à Dieu des services que vous rendez au peuple des montagnes, et de la bénédiction que Dieu donne à vos travaux. Je crains beaucoup pour votre santé, parmi les fatigues et les incommodités que vous y souffrez. Je vous prie de vous ménager, et je prie Notre-Seigneur de vous fortifier de sa grâce et ceux qui sont avec vous, que j'embrasse en esprit avec vous.

Je loue Dieu aussi de ce que vous avez reçu deux nouveaux séminaristes internes. Je n'ose pas vous dire de n'en recevoir davantage, puisque jusqu'à présent rien n'a manqué à votre

maison. Il y a sujet d'espérer que Dieu, qui lui a toujours fourni le nécessaire, et qui a fait toutes choses de rien, pourvoira à tout. Je l'en prie de tout mon cœur.

M. votre frère m'a écrit que, puisque la pension que vous lui demandez est pour notre communauté, je considère qu'il est surchargé de deux mille livres de pension vers son puîné, et que le [bien donné à M"* votre sœur va à huit ou neuf cents livres de rente, et que s'il nous paye cinq cents livres pour vous, il ne lui resterait pas deux mille livres de revenu pour lui : il désire donc que je réduise votre pension à quatre cents livres, et que je le décharge des trois années échues depuis la mort de feu M. votre père. Je ne lui ai pas encore fait réponse ; mais je vais lui mander que cette pension est pour vous et non pas pour cette maison, et que,'si vous l'avez prié de nous la remettre, vous m'avez écrit aussi de vous la faire tenir; et qu'ainsi ce n'est point à moi à lui accorder la diminution qu'il demande. Peut-être vous en écrira-t-il. Vous en userez comme il vous plaira. Je suis, en Notre- Seigneur, votre, etc.

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