A TROYES
Paris, la veille de Pâques, 27 mars 1660.
Madame,
M. Dupuich m'ayant fait savoir que vous avez encore donné huit cents livres à rente viagère à notre pauvre maison de Troyes, et que vous vous contentez de quarante livres chaque année pour cette rente, je me trouve obligé. Madame, de vous faire un très humble remerciement de cette grande charité, comme je fais avec toute l'humilité et la reconnaissance qui me sont possibles.
Mais comme je ne suis pas digne de reconnaître un tel bienfait, je prie Notre-Seigneur, pour Tamour duquel vous nous le faites, qu'il en soit votre récompense. C'est une prière que nous serons toujours obligés de lui faire, et tout ensem-
I. Voir le n^ 1 dans le premier volume des lettres. Le frère Ducournau fait connaître, par sa lettre à M. de Saint-Martin, comment saint Vincent fut privé de cette précieuse lettre.
ble nous aurons l'obligation de vous servir, quand il plaira à sa divine bonté de nous en donner les occasions. Pour mon particulier, Madame, je le ferai toute ma vie avec grande affection.
Nous vous payerons aussi exactement votre rente pendant votre vie, laquelle je prie Dieu qu'il prolonge pour longues années. Je ratifie volontiers la promesse que M. Dupuich vous en a faite, et je consens que cette lettre y soit jointe pour votre sûreté, et même, Madame, si vous en désirez une déclaration plus authentique, je la vous enverrai. Une bonté si effective que la vôtre me fait souhaiter de vous complaire et de vous obéir en toutes choses, étant comme je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.