‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 255 sur 294 · FILLE DB LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

FILLE DB LA CHARITÉ

Il Texhorte à une grande pureté d'intention.

Paris, 3 avril 1660.

Ma chère sœur.

Tout est en paix de deçà ; nos sœurs y sont à édification et contentent les dames, grâce à Dieu, par l'union qui paraît en elles, par leurs soins et leur bonne conduite. Continuez à prier Dieu pour elles et pour moi qui ne puis les voir ni leur parler, à cause de mes mauvaises jambes qui me font garder la chambre, quoiqu'à cela près je me porte bien.

J'ai été consolé de votre lettre, voyant l'usage que vous et votre compagne avez fait de notre perte, en vous appuyant sur Notre-Seigneur seul, en qui vous trouvez tout ce qu'il vous est et tout ce que vous pouvez désirer. Dieu soit loué, ma sœur, de ce qu'il est l'unique fondement de vos espérances! aussi est-ce lui qui vous a appelée pour vivre de sa vie, et pour entrer en ses opérations, par l'exercice de la

charité. Ayez-le donc toujours en vue, ma sœur, pour lormer vos œuvres sur ses intentions et tout votre intérieur sur ses exemples. Je suis, en Tamour de Notre-Seigneur, votre, etc.

56o. — A M. JOLLY,

SUP^RIBUR, ▲ ROME.

I) lui recommande la soumission au cardinal Durazzo.

FariSy i6 avril 1660.

Monsieur,

Nous devons recevoir les avis du cardinal Durazzo comme des ordres du Ciel, et faire sans hésiter tout ce qu'il commande. La bienveillance dont il honore la Compagnie est une grande bénédiction pour elle, par laquelle Dieu nous fait ressentir souvent les effets de son adorable bonté. Mais ce que j'admire le plus et dont je ne puis assez remercier Notre-Seigneur ni ce saint cardinal, est qu'il daigne entrer dans le particulier de nos petites affaires, et prendre part aux moindres choses comme aux plus importantes. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

56i. — A M. RIVET,

SUPÉRIEUR, A SAINTES

Il lui donne des conseils sur la manière de recevoir le roi.

Paris, 9 mai 1660.

Monsieur,

Vous êtes en peine de ce que vous avez à faire et à dire en cas que le roi aille chez vous; je ne pense pas que cet honneur vous arrive; néanmoins vous pourrez savoir de M. de Saint-Jean, chapelain ordinaire de la reine-mère, qui est de nos bons amis, ou de quelqu'un des aumôniers du roi, qui vont devant Sa Majesté, et qui arriveront à Saintes avant elle, la manière dont on a coutume de la rece-

voir en une maison particulière comme la vôtre, où l'on ne fait point de harangue, ce me semble. Toutefois, si on vous conseille de lui en faire, je vous envoie une copie du projet de celle que j'envoie à Richelieu, où la cour pourra passer et aller à la paroisse, laquelle étant desservie par nos prêtres, ils seront par conséquent obligés d'accueillir Leurs Majestés avec cérémonie et de leur parler; vous pourrez prendre sur ce modèle celle qui vous pourra convenir, et tâcher de dire courtement et posément ce que vous direz.

Nous avons céans plusieurs prélats et beaucoup de monde à l'occasion de Mgr de Chalon-sur-Saône % qui a été sacré ce matin en notre église, où Mgr d'OIéron * le fut aussi dernièrement. Je suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre, etc.

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