RELIGIEUX ET DIRECTEUR DE L*HOPITAL DE JOIGNY
Il lui parle d'un enfant envoyé de Joigny. — Il le félicite de l'ordre établi dans l'hôpital
de cette ville. — Il le remercie de ses prières.
Paris, 8 juin i66o.
Mon Révérend Père,
Je vous demande pardon de ne vous avoir fait réponse plus tôt. Peut-être êtes- vous en peine de ce bon enfant que vous nous avez envoyé. Nous l'avons reçu, et je l'ai bien recommandé aux filles de la Charité qui en ont le soin. Il se porte bien, et il y a sujet d'espérer que la bonne semence que vous avez jetée en cette âme innocente portera des fruits en son temps, étant bien cultivée.
Je rends grâces à Dieu, mon Révérend Père, des biens qui se font en votre hôpital, pour le bon ordre que vous y avez mis et la conduite que vous en avez. Je prie sa divine bonté qu'elle continue à bénir l'un et l'autre, et qu'elle vous conserve longuement pour le soulagement et le salut des pauvres. La consolation que Mgr le R. P. de Gondi en reçoit me console grandement, et j'admire son application continuelle aux œuvres de miséricorde, par lesquelles il sanctifie son âme de plus en plus et mérite que Dieu répande de nouvelles bénédictions sur sa famille affligée ; à quoi vos prières peuvent beaucoup contribuer.
Je vous remercie très humblement, mon Révérend Père, de celles que vous faites pour notre petite Compagnie et pour moi. Nous en ressentirions sans doute les effets, si je n'y mettais empêchement par mes très grandes misères.
Ne laissez pas, s'il vous plaît, de nous continuer cette
charité. Je vous offre en reconnaissance mon très humble service, et s'il plaît à Dieu me donner occasion de vous le le rendre, ce me sera une joie bien sensible, étant comme je suis, en son amour, votre, etc.