‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 278 sur 294 · A M« LE CARDINAL DE RETZ · texte numérisé non relu

A M« LE CARDINAL DE RETZ

Monseigneur,

J'ai sujet de penser que c'est ici la dernière fois que j'aurai l'honneur d'écrire à Votre Éminence, à cause de mon âge et d'une incommodité qui m'est survenue, qui peut-être me vont conduire au jugement de Dieu. Dans ce doute. Monseigneur, je supplie très humblement Votre Éminence de me pardonner si je lui ai déplu en quelque chose. J'ai été assez misérable pour le faire sans le vouloir, mais je ne l'ai jamais fait avec dessein.

I. Saint Vincent prépara les deux lettres suivantes peu de temps avant sa mort, comme pour dire adieu et rendre ses derniers devoirs aux deux bienfaiteurs à qui sa Congrégation était le plus obligée. Comme elles sont sans date, nous croyons devoir les placer après les lettres écrites dans le mois d'août 1660.

Je prends aussi la confiance, Monseigneur, de recomman* der à Votre Éminence sa petite Compagnie de la Mission, qu'elle a fondée, maintenue et favorisée, et qui, étant l'ouvrage de ses mains, lui est aussi très soumise et très reconnaissante comme à son père et à son prélat; et tandis qu'elle priera Dieu sur la terre pour Votre Éminence et pour la maison de Retz, je lui recommanderai au ciel l'une et l'autre, si sa divine bonté me fait la grâce de m'y recevoir, selon que je l'espère de sa miséricorde et de votre bénédiction, Monseigneur, que je demande à Votre Éminence, prosterné en esprit à ses pieds, étant comme je suis, à la vie et à la mort, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

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