A Mo» L'ARCHEVÊQUE DE NARBONNE
Il remercie le prélat de sa bienveillance, le prie de ne pas exiger que Ton rende des comptes, et de laisser au Supérieur général le droit exclusif sur le personnel.
Paris, 17 septembre 1660.
Monseigneur,
J'admire le support que Votre Grandeur a pour moi, qui ne suis bon qu'à exercer sa patience, et la bonté paternelle qu'elle conserve pour notre petite Compagnie, nonobstant nos longueurs et nos difficultés à exécuter ses commandements. Je lui demande très humblement pardon de notre rusticité, et je la remercie de sa constance invincible à nous faire et à nous vouloir du bien.
Nous allons faire. Monseigneur, l'un des plus grands efforts que nous ayons encore faits pour vous envoyer les missionnaires que vous demandez; mais je supplie Votre Grandeur d'agréer que je lui dise tout simplement que, relisant encore aujourd'hui le projet de l'union de votre séminaire à notre Compagnie, nous y avons remarqué plusieurs choses contraires à nos usages. Il semble que Votre Grandeur nous veuille obliger à rendre compte du temporel, qui est une chose à laquelle aucun prélat ne nous a engagés, ni dedans, ni dehors le royaume, où nous sommes établis; nous n'avons pas même voulu prendre la maison de Saint-Lazare avec cette sujétion, quoique le lieu fût très avantageux pour notre Congrégation. Et comme Mgr l'archevêque de Paris nous pressait de l'accepter avec cette condition, nous lui dîmes que nous en sortirions plutôt que d'y demeurer avec cette obligation ; et il eut la bonté de nous en décharger pour nous retenir, parce que sans cela nous nous serions retirés.
Et quant au pouvoir de renvoyer de votre séminaire ceux de notre Compagnie dont Votre Grandeur ne voudra plus
se servir, permettez-moi, Monseigneur, s'il vous plaît, de vous dire qu'en tous les lieux où nous sommes fondés nosseigneurs les prélats ont jugé à propos de laisser au Supérieur de la Congrégation la direction des personnes de la même Congrégation, en sorte que c'est lui qui les rappelle et qui en envoie d'autres à leurs places; c'est ce que nous avons fait jusqu'à maintenant.
Votre Grandeur nous obligera beaucoup si elle fait son acte d'union en la manière que l'ont fait les autres prélats de France et d'Italie : l'espérance qu'elle nous donne de ne vouloir pas que notre petit Institut souffre aucune atteinte en son diocèse me fait prendre la confiance. Monseigneur, de vous représenter les choses qui le peuvent blesser, afin que, selon votre prudence et charité ordinaires, vous ayez agréable de les éviter. Daignez, Monseigneur, agréer les sentiments de profond respect et de parfaite obéissance dans lesquels, etc.