‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 38 sur 294 · A M. DE BEAUMONTS · texte numérisé non relu

A M. DE BEAUMONTS

SUPÉRIEUR^ A RICHELIEU

II looe son désir de n'Stre pas chargé de la supériorité. — II l'engage à ne rien entreprendre d'important que de Tavis de ses consulteurs. — Ne rien changer sans rassentiment du Supérieur général.

5 mars i656.

Monsieur,

J'approuve fort l'instance que vous me faites de ne vous imposer pas la supériorité, car cela marque qu'elle trouvera en vous le fondement qui convient à cette charge, à savoir la défiance de vous-même, sans laquelle vous n'auriez pas assez de soin de recourir à Dieu ; et avec elle, vous vous présenterez souvent à sa bonté comme impuissant de porter ce faix, et néanmoins comme soumis à ce qu'elle veut ; vous espérerez qu'elle vous donnera les forces qu'il faut, et l'en prierez. Vous irez bride en mains en sa divine présence, ne

I. M. de Beaumont était directeur du séminaire interne à Richelieu depuis quelques années.

faisant rien sans la consulter, et prenant conseil pour les affaires considérables de personnes sages et entendues, particulièrement de vos consulteurs. Selon cela, je vous prie de prendre le gouvernail de cette petite barque que sa providence commet à votre conduite. Seulement je vous donne cet avis pour le présent, qu'il importe que vous ne changiez pas ce que vos prédécesseurs ont établi, sans le consentement du Supérieur général ; faute de cela, il y a des supérieurs qui ont fait de grandes fautes, et presque ruiné leurs maisons, etc.

PRÊTRE DE LA MISSION, A LA ROSE

|1 çxaltç le bonheur de l'âme qui se consacre à Dieu par les saints vœux.

Avril i656.

Monsieur,

Je vous embrasse avec toutes les tendresses de mon âme, considérant la vôtre comme une victime offerte continuellement à la gloire de son souverain Seigneur, qui travaille à sa perfection et au salut de son prochain. Mon Dieu, Monsieur, que bienheureux sont ceux qui se donnent à lui sans réserve, pour faire les œuvres que Jésus-Christ a faites et pratiquer les vertus qu'il a pratiquées, comme Tobéissance, la pauvreté, Thumilité, la patience, le zèle et les autres ; car c'est ainsi qu'ils sont les disciples d'un tel maître : ils vivent purement de son esprit, et répandent, avec Todeur de sa vie divine, le mérite de ses saintes actions, l'édification des âmes pour lesquelles il est mort et ressuscité. Si donc je vous regarde comme Tun de ses bons serviteurs, n'ai-je pas raison de vous estimer et de vous chérir en lui, et d'implorer souvent sur vous, comme je fais, la continuation de ses grâces pour lui être fidèle jusqu'à la consommation de votre vie, et

pour être ensuite couronné de sa gloire par tous les siècles des siècles ? ce sont les souhaits de mon cœur pour le bonheur du vôtre, etc.

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