‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 45 sur 294 · A M. DUPONT · texte numérisé non relu

A M. DUPONT

SUPERIEUR^ A TREGUIER

Il Tcxhortc ù se mettre à la disposition de Mgr de Tréguier, et à tout faire pour établir l'union dans sa maison au moyen de l'hurailitê. — Il trace la règle à suivre à IVgard des lettres que les missionnaires reçoivent ou écrivent.

3 mai i656.

Monsieur,

Mgr de Tréguier s'en retourne plein de saintes affections pour le bien de son diocèse. Je ne doute pas. Monsieur, qu'il

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ne vous trouve disposé d'y contribuer en tout ce que vous pourrez, et par vos propres soins et par les services de votre famille.

Je prie Notre-Seigneur qu'il vous donne la plénitude de sa grâce et de sa conduite, pour correspondre pleinement aux intentions de ce bon prélat et pour maintenir la paix dans votre maison, sans laquelle il vous serait difficile de faire le reste. Je prie le Saint-Esprit, qui est Tunion du Père et du Fils, qu41 soit aussi la vôtre à tous. Vous Ten devez prier sans cesse, et ajouter à ces prières une grande attention pour vous unir de cœur et d'action à chacun en particulier et à tous en général.

Le mal des communautés, surtout des petites, est pour l'ordinaire l'émulation, et le remède, l'humilité, de laquelle vous devez faire toutes les avances, aussi bien que des autres vertus nécessaires pour cette union. Nous voyons que cette émulation est arrivée en la première Compagnie de l'Église, qui tsl celle des apôtres; mais nous savons aussi que Notre- Seigneur l'a réprimée, et par parole en humiliant ceux qui se voulaient élever, et par son exemple en s'humiliant le premier. Si les vôtres s'enorgueillissent, ou se courroucent, ou se dérèglent, ne vous contentez pas de les en avertir charitablement quand le cas le mérite, mais faites des actes contraires par où ils soient doucement forcés de vous suivre.

J'écris à M. N. pour le conjurer de concourir de sa part à cette agréable harmonie qui doit être entre les membres et le chef.

Vous lui devez toujours rendre mes lettres fermées, et ne devez pas voir celles qu'il m'écrit ni celles qu'il adresse où je suis; mais pour toutes les autres qui vont ou viennent d'ailleurs, vous les devez ouvrir et considérer, afin que rien ne passe qui ne soit à propos. Tel est l'usage des supérieurs particulier? qui prennent connaissance de tout ce qui regarde

leurs inférieurs, excepté de ce qui vient ou qui va au Générai, etc.

PRÊTRB DE LA MISSION, A AOEN.

II le remercie da secours qu'il a donné à la mission d*Agen. — II le félicite de son zèle

et l'engage à se maintenir dans la sainte indifférence.

6 mai i656.

Monsieur,

J'ai vu, par votre lettre, le secours que vous êtes venu donner à la maison d*Agen, dont je vous remercie; c'est ainsi que doit faire un bon missionnaire, se tenir toujours disposé au soulagement de ses frères, et je souhaite que Dieu donne cette charité à tous ceux de la Compagnie ; car, par ce support mutuel, les forts soutiendront les faibles et l'œuvre de Dieu se fera.

Je rends grâces à Dieu de l'affection qu'il vous donne pour les missions : cet attrait venant de sa part ne peut être que très utile aux peuples, tandis que vous serez fidèle à le suivre, et cette fidélité ne peut être que très avantageuse pour vous, puisqu'en travaillant au salut des pauvres vous assurerez le vôtre.

Je prie Notre-Seigneur, qui a pris la peine de les évangéliser lui-même et le soin de vous appeler au même ministère, qu'il vous anime de son esprit, pour vous en acquitter en sa vue et en sa manière. Nous ferons partir cette semaine prochaine un prêtre pour Agen, qui vous ira relever, afin que l'exercice de votre zèle ne soit plus retardé. Je veux croire que c'est cette vertu et les autres bons motifs que vous m'écrivez, qui vous ont fait demander à retourner à la Rose : vous êtes trop à Dieu pour écouter la nature, en cas qu'elle voulût prendre part à la satisfaction de ce retour, et vous estimez trop la sainte indifférence aux emplois pour ne la

pratiquer pas dans les occasions, par respect à la volonté de Dieu, laquelle vous est connue par les ordres de l'obéissance, etc.

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