‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 5 sur 294 · A M. LE PELLETIER · texte numérisé non relu

A M. LE PELLETIER

II s'excase d'avoir oublié sa recommandation pour Padmission d'une pauvre femme à l*hôpital, et prie qu'on l'envoie comme surnuméraire, parce qu*il n'y a aucune place vacante.

Monsieur,

Je rougis de honte de ce qu'il y a deux ans que vous avez commandé qu'on reçût une pauvre vieille femme dans le petit hôpital du Nom-de-Jésus : je suis si misérable que je l'ai oublié; je vous en demande pardon, et cela très humblement et avec toute l'affection que je le puis; la place qui vaque à présent est par la mort d'un homme que M. l'abbé Brisacier y avait mis, au sujet d'une fondation qu'un de messieurs ses frères avait faite de l'entretien de six personnes pauvres, et

que mondit sieur Tabbé avait eu pensée de faire dans ce petit hôpital ; mais le fondateur d'icelui ne Ta pas trouvé bon et m'a commandé de nous défaire de ces personnes-là; et j'ai charge de lui en donner avis et de lui dire qu'il retire les trois autres pauvres qui restent. Selon cela, il ne reste pas de place; mais je vous prie, avec toutes les affections de mon cœur, de ne laisser pas de nous envoyer cette bonne femme ; et n'importe de dire qu'elle sera surnuméraire : il vaquera bientôt une place, nous la lui donnerons, et cela de bon cœur. Je vous supplie donc. Monsieur, de l'envoyer au plus tôt, et de croire que je suis, en l'amour de Notre-Seigneur et de sa sainte mère. Monsieur, votre, etc.

PRÊTRE DE LA MISSION

II le félicite d*avoir résisté à la tentation de quitter sa Yocation. •

2 janvier i655.

Monsieur,

Je rends grâces à Dieu de celle qu'il vous a faite et à vous de résister aux tentations qui vous ont voulu arracher des bras de votre chère vocation et vous ramener dans le siècle, et le prie qu'il vous confirme de plus en plus dans la promesse que vous avez faite à Notre-Seigneur de vivre et mourir en icelle. O Seigneur Dieu ! il ne faut pas se jouer de promettre des choses à Dieu et lui manquer de parole. Selon cela. Monsieur, je vous prie, tenez ferme à marcher dans la vocation où vous êtes appelé ; rappelez tous les bons sentiments que Notre-Seigneur vous y a donnés. La vie n'est pas longue : on en voit bientôt le bout, et le jugement de Dieu est formidable à ceux qui partent de cette vie, desquels il est dit : Ils n'ont pas rempli leurs obligations ; c'est pourquoi le Seigneur les a mis au nombre de ceux qui commettent l'iniquité

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