‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 72 sur 294 · A MA SŒUR HARAN · texte numérisé non relu

A MA SŒUR HARAN

PILLE DE LA CHARITÉ^ A NANTES

II lui annonce Tarrivce à Nantes de deux missionnaires. — Il Pinterroge en détail sur l'état de sa maison, et l'exhorte à donner à ses sœurs l'exemple de toutes les vertus. — Accident arrivé à M"" Le Gras.

Paris, 27 septembre i656.

Ma sœur.

Un ou deux de nos prêtres doivent aller à Nantes avec deux frères qui sont partis de diverses maisons, et je leur ai mandé que, pour se rencontrer ensemble, ils s'adressent à vous, afin que le premier qui arrivera vous a3^ant dit son logis, vous puissiez l'enseigner aux autres. Je vous envoie un paquet de lettres pour M. Herbron ', qui est l'un d'eux ; je vous prie de le lui mettre en main : il vous rendra le port.

Comment vous portez-vous, ma sœur, et comment se portent nos sœurs ? Avez-vous beaucoup de malades ? Vous

I. François Herbron, né à Âlençon, en novembre 1617; reçu à Paris le 6 janvier i653.

plaisez-vous à les bien servir pour lamour de Dieu ? Êtesvous en paix pour le dehors et pour le dedans ? et surtout êtes-vous bien unies ensemble ? Vous entr'aimez-vous bien ? Avez-vous du support les unes pour les autres ? Le petit règlement s'observe-t-il ? Bref, ma chère fille, êtes-vous toutes de bonnes filles de la Charité, agréables aux yeux de Dieu et à édification à tout le monde ? Si cela est, comme je le veux croire, oh ! quel sujet de consolation ! oh! que de bon cœur j'en rends grâces à sa divine bonté ! car c'est un bonheur des plus grands que l'on puisse posséder sur la terre ; mais si cela n'est pas ainsi, ce serait un sujet d'affliction. Je vous prie de m'en mander ce qu'il vous en semble, et de continuer de votre côté, ma sœur, d'avoir bien soin des autres pour les porter à Dieu et à bien faire leurs exercices, de les traiter avec respect, douceur et affection, et enfin leur donnant l'exemple des vertus que vous voulez qu'elles . pratiquent. Je prie Notre-Seigneur, qui en est la source, et qui les a pratiquées le premier pour notre instruction, qu'il nous les donne à nous et à elles.

M"' Le Gras est au lit, malade, avec un peu de fièvre, causée par une douleur de côté. Il y a dix ou douze jours qu'en se voulant lever elle chut de son lit à terre et se fît ce ce mal-là, dont elle ne se trouve pas mieux ; on espère néanmoins que cela ne sera rien. Priez Dieu pour elle et pour votre petite Compagnie, qui va de mieux en mieux, et Dieu la bénit partout, par sa miséricorde, laquelle je vous prie de lui demander pour moi, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, etc.

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