A M^^ L'ÉVÉQUE D'ACQS
II rassure de son dévouement. — Il lui donne les motifs du retard apporté au règlement d'une affaire, au sujet de laquelle il lui demande des renseignements. — Il lui donne des nouvelles d*unc personne qui étudie au séminaire des Bons-Enfants.
24 septembre i656.
Monseigneur,
Je n'ai jamais douté de votre bonté incomparable pour moi, ni de l'honneur de votre cher souvenir dont j'ai reçu des témoignages si grands et si fréquents, qu'ils ont surpassé
mon attente aussi bien que mon mérite; aussi vous puis-je bien assurer, Monseigneur, qu'il n'y a prélat au monde vers qui mon cœur se tourne ni plus souvent ni avec plus de consolation que vers votre personne sacrée, et il n'y en a pas non plus à qui je doive tant de respect et d'obéissance ; mais dans le désir extrême que Dieu m'a toujours donné de vous les rendre, j'ai été si misérable de ne l'avoir pu faire jusqu'à présent que très imparfaitement.
Lorsque le supérieur de la mission de Rome a eu commencé la poursuite que vous. Monseigneur, nous avez commandé de faire en cette cour-là pour obtenir l'annate, la contagion y est survenue qui a suspendu toutes les affaires, parce que le Pape a défendu toute sorte d'assemblées et même les messes solennelles, pour éviter la communication du mal. De sorte. Monseigneur, qu'il n'y a encore rien d'avancé, ni aucune apparence d'y rien faire que vers le mois de novembre ; d'autant que l'on me mande que le danger y est plus grand dans les mois de septembre et d'octobre qu'en autre temps. Cependant ledit supérieur m'écrit que l'on veut savoir de quel revenu est votre évêché. Monseigneur, et si, sans l'annate, vous ne pouvez pas rebâtir votre église ; de quoi il vous supplie d'avoir agréable de lui envoyer un mémoire, avec des copies authentiques de semblables grâces accordées à d'autres évêques, particulièrement la dernière à Mgr de Cahors, dont on a fait mention en votre supplique. Je crains bien. Monseigneur, qu'on se soit trop avancé de mettre en avant ce dernier exemple, sans être assuré s'il est véritable ; car je n'ai pas oui dire que Mgr de Cahors ait jamais demandé à Rome rien de pareil.
La personne dont vous demandez des nouvelles, Monseigneur, est toujours au séminaire des Bons-Enfants, où il observe assez les petits règlements, témoigne vouloir réformer ses mœurs, et en effet il y travaille sérieusement. Sa
plus grande peine est à l'étude, tant à cause de son âge avancé que du peu de latin qu'il avait, et aussi pour avoir pris un maître qui, venant chaque jour pour le lui montrer en particulier, s'en est mal acquitté, et que d'ailleurs cette mafiière d'apprendre n'est jamais si bonne que celle des classes, où il eût été à désirer qu'il se fût mis dès le commencement, dans un petit séminaire que nous avons pour les élèves, ainsi qu'ont fait d'autres non moins âgés que lui. Il faut espérer que peu à peu il fera quelques progrès en son entreprise, pourvu qu'il ne se rebute point pour les difficultés. Pour moi, Monseigneur, j'espère que jamais rien ne m'empêchera de vous obéir, lorsque vous m'honorerez de vos commandements, parce que c'est Notre-Seigneur même qui m'a rendu, en son amour, votre, etc.