‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 88 sur 294 · I. Cctait l'ancien nonce du Pape en France · texte numérisé non relu

I. Cctait l'ancien nonce du Pape en France

38i. — A M. LEVAZEUX,

SUPÉRIEUR, A ANNECY

Il lui rappelle que qous ne devons pas chercher à faire des établissements, mais attendre que nous soyons appelés par la Providence. — > Il lui reproche d'avoir traité une affaire importante sans avoir pris son avis. — il lui demande des renseignements.

i«^ juin 1657.

Monsieur,

Les prêtres dont vous avez ouï parler, qui se veulent établir à Lyon, sont du Forez et non de Saint-Sulpice, ni de ceux de Lyon même, qui sont gouvernés par un chirurgien. C'est de quelque Compagnie qui s'élève en ce pays-là; car nous sommes dans un temps où les ecclésiastiques se lient pour former de nouvelles communautés et s'appliquer à de bonnes œuvres. Ceux-là font instance ici pour avoir des lettres patentes du roi, pour ledit établissement de Lyon ; il les faut laisser faire et prier Dieu qu'il accomplisse ses desseins sur eux et sur nous.

Et parce que cela vous a donné sujet de me mander qu'il ne faut pas espérer que jamais notre Compagnie aille bien et soit fournie de bons sujets, si l'on ne met peine à s'établir dans les grandes villes, surtout à Lyon, je vous dirai, Monsieur, qu'on nous a ci-devant fait quelques propositions pour nous y attirer, mais nous n'avons pu les accepter, pour être trop onéreuses, et nous ne pouvons non plus faire aucune avance pour nous établir en quelque lieu , si nous voulons nous tenir dans les voies de Dieu et à l'usage de la Compagnie; car jusqu'à maintenant sa providence nous a appelés aux lieux où nous sommes, sans que nous l'ayons recherché, ni directement, ni indirectement. Or, il ne se peut que cette maxime de ne rien demander, ni rien refuser, qui nous tient ainsi dans la dépendance de Dieu et de sa conduite, ne lui soit très agréable, d'autant plus qu'elle détruit les sentiments

humains, qui, sous prétexte de zèle et de gloire de Dieu, font

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