‹ Lettres de S. Vincent de PaulChapitre 92 sur 294 · A M. OZENNE · texte numérisé non relu

A M. OZENNE

SUPÉRIEUR, EN SILÉSIE

n se réfouit de le savoir en bonne santé, et dit toute sa peine du danger où se trouve M. Duperroy. — Toute la communauté prie pour sa conservation.

Paris, 6 juillet lôSy.

Monsieur,

Je réponds à la vôtre du 24 mai, en remerciant Dieu de votre santé et de celle de M. Desdames, et me réjouissant avec vous des bonnes nouvelles que vous me mandez, dont Dieu soit aussi béni.

Ces sujets de joie, qui me sont très sensibles, sont néanmoins mêlés d'une grande affliction, procédant de l'état dan-

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gereux où se trouve le bon M. Duperroy ; car vous dites qu'il a été si mal que vous avez eu peur de le perdre, et que sa plaie est bien mauvaise. Je crains bien que Dieu ne nous trouve indignes de posséder plus longtemps ce sien serviteur. Je vous avoue que sa privation me toucherait vivement, et je prie Dieu qu'il ne la permette pas et qu'il lui redonne la santé. Si pourtant sa providence en ordonne autrement, il faut aimer la main qui nous frappe, et nous confier que, portant au ciel cette belle âme, elle y élèvera davantage nos cœurs. Dites-lui, s'il vous plaît, que je l'embrasse de tout le mien, et que notre communauté ne cesse de le recommander à Dieu, comme elle fait aussi de votre chère personne, de laquelle je vous recommande le soin.

Tout va assez bien ici comme partout ailleurs, grâce à Dieu, tant pour la santé que pour les exercices, même en Barbarie à l'égard de nos prêtres, mais non pas des consuls, car celui de Tunis a été chassé, et celui d'Alger bâtonné et mis en prison sans sujet. On me mande qu'il en est sorti en promettant deux mille cinq cents écus, qu'il ne pourra jamais payer, si Dieu ne fait miracle.

Nous continuons toujours nos prières pour le roi et la reine et leurs armes; et toute l'Église a sujet de le faire aussi, puisque ses intérêts sont mêlés avec les leurs. Je suis, en Notre-Seigneur qui en est le maître, etc.

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