‹ Lettres de Saint Franc̜ois-Xavier de la Compagnie de JésusChapitre 16 sur 49 · LIVRE TH. — LETTRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TH. — LETTRE VINGT-QUATRIÈME

capable de recevoir cette destination. Si vous trouvez un sujet de ce genre, ou si vous avez à votre disgpsition un des Pères de qui j'ai parlé, vous veillerez à ce^dM. l'occàsion^e passer de Malacca au Japon ne lui fasse pi^itrfâaiit. A mon passage j'y aviserai moi-même, en priant le^uverneur de Malacca de daigner seconder en ses desseins celui de nos Frères qui arrivera de Goa à la destination du Japon. Dans l'examen pour l'admission des sujets qui demandent à entrer dans la Compagnie, vous étudierez avec un grand soin les qualités de l'âme et du corps dont ils peuvent être doués : et vous ne vous permettrez jamais de surcharger la Compagnie de sujets inutiles pour l'intérieur et pour le dehors. Après avoir admis des sujets pourlenovi-* ciat, si vous reconnaissez, après une étude approfondie de leur caractère, qu'ils sont dépourvus des dons de l'âme ou des facultés du corps, dans la mesure qui serait nécessaire afin que la Compagnie pût espérer d'eux quelque utilité, empressez-vous de les renvoyer chez eux. Quant aux novices que vous exercerez dans la maison à ces ministères qui exigent des rapports fréquents avec les étrangers, et des allées et venues en liberté, comme les offices de pourvoyeur, de dépensier, et autres de même nature, veillez diligemment sur eux, et observez avec le plus griand soin quels exemples ils donnent au dehors, en fait de sobriété, de continence et de modestie ; voyez avec quelle fidélité ils administrent les affaires et emploient l'argent dont ils sont chargés ;. s'ils rendent avec exactitude le compte scrupuleux de la recette et de la dépense ; car vous n'ignorez point combien est délicate la gestion de pareils offices,'^ et combien il est imprudent d'en investir des personnes qui ne sont point solidement affermies dans la tempérance, la fidélité, la sainteté des mœurs, vertus qui font à la fois leur sécurité et notre garantie contre tout péril de chute de leur part; en effet leur chute serait à la fois un souverain déshonneur pour la Compagnie et un préjudice immense pour le prochain.

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Pour Helchior Nunez et le coadjuteur laïque qui est yeisu de Baçalm avec Melchior Gonzalez, ayez soin de les faire exercer longtemps et sérieusement dans les offices les plus huiaMes du service de la maison, par exemple, à 14ouisine ou dans les emplois de la même nature : et iwnfeur permettez point d'aller au dehors. Que si, dans le cours de ces épreuves, vous vous apercevez qu'ils ne conviens nent pas au régime de la Compagnie, vous les renverrez, et les rendrez à leur indépendance. Quand François Lopei sera de retour de Baçaïm, vous devrez l'exercer à loisir par les méditations ascétiques. Il est nécessaire également de le rompre aux œuvres les plus bumbles du service de la maison. Apportez une attention incessante et la vigilance la plus active à réformer le caractère et à procurer Tavan^ cément spirituel de ces trois sujets. Cet avis de ma part n'est pas sans fondement ; et j'ai des motife de craindre que ces trois personnes ne soient point telles que je le désirerais, et qu'il serait nécessaire qu'elles fussent, pour la gloire de Dieu et pour leur propre perfection.

Soyez également vigilant à l'égard de tous les autres, et proportionnez le degré de votre attention au caractère de chacun, demeurant sans cesse occupé de les préserver, de les encourager, de multiplier leurs progrès.

Quand, ainsi que je vous l'ai prescrit, vous enverrez àx\ cap Comorin un prêtre de la Compagnie avec un coadju^ teur laïque, vous leur remettrez, pour me l'apporter, l'un des deux calices que je vous ai laissés. La raison de cette Vj^ni^commandation est que je me suis souvenu, qu'il y a * quelques années, un chrétien de cette côte de Comorin a fait passer une somme à Goa, pour être employée à l'acquit sition d'un calice. Les administrateurs du collège, ayant reçu cet argent, l'ont fait alors servir aux nécessités de leur maison, et jusqu'à présent ils n'ont point envoyé de calice; il convient donc que l'emplette en soit faite, et que l'obligation soit éteinte. L'autre calice qui est demeuré, peut être remis l'année prochaine au Père qui ftera voile pour

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ie Japon, ear il n'î^srte qu'un calice dans cette mission.

Quand vous m'écrirez à Malacca, ne soyez point avârp de votre loisir ni du papier, et ne tous bâtez pas cemmA en une obligation qu'on remplit par acquit : passez en ve^ vue toutes choses avec étendue et dans les moiiidrea dé» tails. Je fonde une grande espérance de consolation spbîr? tuelle dans la lecture de tos lettres; car elles m'instruiront de tout ce que je désire connaître au sujet de tous mes Frères, de ceux de votre collège, et de ceux qui com-t battent pour la cause de Dieu dans les résidences d'alen-tour. Employez un secrétaire qui forme bien les oafacHties et dont l'écriture soit aisée à lire. Vous adressereileimfNl à François Ferez, à Malacca. Mais il est nécessâiitft dto<|(h ment de m'envoyer vos lettres au mois de septembre, par un navire feisant voile vers Banda. François Veté$ tnettra tout son zèle à me les faire parvenir en Chine.

Vous écrirez à notre Frère Cypriano, qui réside à Sainte Thomas de Méliapour, qu'il doit vivre en parfaite hanaoïû; avec tout le monde, et surtout aTeo le Ticaire de rérèqae et avec tous les prêtres de cette résidence; tous Toili exprimerez avec lui d'une manière précise et sans aucun détour, et tous lui signifierez clairement que jû tous ftl laissé par écrit l'injonction formelle de reuToyer de la Compagnie les sujets qui ne seraient point obéiBsqnta en- Ters le supérieur ou recteur de oe collège ; tous ajoutereni qu'en conséquence de cet ordre, aucune considération m saurait tous empêcher d'accomplir ce qui tous est prescrit d'une manière aussi absolue. Faites-lui cette dëelaratioiif pour qu'il conserre une crainte sçdutaire, et qu'il s'ohseFTft lui-^même, en comprenant la portée d'une ipenace qui s'a^ dresse particulièrement à lui.

Etienne Louis Borralho, qui s'est avancé dans les saints Ordres jusqu'à celui du Diaconat, se rend en votre Tille. J'aime infiniment ce jeune homme, et j'espère, qu'avec la grâce de Dieu, il deviendra plus tard un bon religieqx. Fûtes pour lui tout ce qu'il vous demandera en mon nom^

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et parlez en sa faveur au seigneur éféqije» aussi souvent qu'il le désirera et qu'il en aura besoin. Ce n'est point seulement l'espérance que j'ai conçue, qui m'attache à lui : c'est encore un devoir de reconnaissance, qui m'oblige à tout faire, afin de le payer des services qu'il m'a rendus dans njille circonstances, me servant et m'assistant dans toutes les occasions en son pouvoir, et autant de fois qu'il m'est arrivé d'avoir recours à sa charité. C'est donc une dette de reconnaissance que je vous confie le soin d'acquitter, et je désire que vous n'y mettiez ni retardement ni lenteur.

Que Dieu Notre-Seigneur vous sanctifie et vous appelle à sa gloire! Adieu.

De Cochin, le 2U avril 1552.

Le P. Antonio Heredia possède ici un livre qui lui est utile, mais qui me sera bien plus nécessaire où je vais. Ce livre est le Constantin (1) , que je me vois obligé de lui prendre et d'emporter en Chine. Je me rappelle en avoir vu ici deux autres exemplaires, l'un en la possession de François Lopez, et l'autre en celle du P. Manoël de Moralez. Je vous prie d'envoyer au plus tôt l'un des deux au P. Antonio Heredia, car il a le plus grand besoin de ce livre.

Occupez-vous avec zèle, auprès du seigneur évêque, de lui faire citer en sa présence un prêtre du Malabar, qui se nomme Antonio Ferram, et de lui faire ordonner à ce prêtre, sous menace d'anathème, de comparaître, à jour fixe, devant son tribunal à Goa. Car, en l'endroit où est Ferram, il met obstacle à la propagation de l'Évangile, et se montre un adversaire public et un dangereux ennemi des Pères, qui travaillent sur la côte de Comorin pour l'avancement de la religion.

Tout à vous en J.-C* François.

(1) Lexique grec-latin, publié à Genève par Rob. Constantin. Nous avons 30U8 Jes yev> une f^jtjpn de 1543, mais il en doit exister une antérieure.

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