‹ Lettres de Saint Franc̜ois-Xavier de la Compagnie de JésusChapitre 23 sur 49 · Même sujet {Fragment · texte numérisé non relu

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Je crois que deux annes sont données à nos Frères, qui yoQt errants dans tous les pays pour suivre Jésus -Christ, panoi tant de fatigues, avec un si grand amour et une vertu si parfaite, et qui s'avancent isolés pour entrer en rapports avec to^ de peur pies, et avec les races les plus perverses. Que celui-HT entende, qui a des oreilles pour entendre, et qu'il comprenne en son iatelligence ; que personne ne se fasse illusion et ne suive l'espiît {)ropre; mais qu'on se perfectionne sans cesse, que l'on ne con-

çoive jamais une qpinion orgueUlense de soi-iBêAe; L'Sesprft de la GoDDq[iagDiede Jésua ne saurait être un eq^ dVgueil. Entendez le Gcmaeil de votre infirme et mkéiihte Frère, afin qu*au jour de ?otrQ élection tous soyes refêtn de Dieui car le Seigneur est notre lumière et notre bouclier. Qu*avons«nou8 à craindre en ce monde, si ce n'est sa colèreT J'ai toujours éprouvé la vérité de ces doctrines : autrement comment aurait^il pu se feire que, moi-même, si faible, » tiède, ou plutôt si glacé, et que Ton a choisi pour l'envoyer ici conune une créature inutile à la Compagnie, j'eusse pu Inverser impunément le feu de tribulations infinies, sans en êtra réduit en, cendres, de ces tribulations où le Très-Haut nous ^^raUve, comme un or pur au ^ein de la fournaise ? Affermis sur notre bâton de voyage, nous avons franchi le Jourdain, mais nous revenons avec deux cohortes : Je l'ai écrit à Goa au collège de Saint-rPaul. L'un de ces éléments de victoire est que Jésus défend comme son domaine notre Compagnie et ses membres : non pas en vue de nos mérites, mais par une pure miséricorde. L'autre eim»8te dans les prières de nos chers Pères et Frères de l'Europe et des Indes. Ces prières sont un encens qui brûle icontimiellement en présence de Dieu : ne sommes«nous pas, en effet, les membres nombreux d'un seul corps, dont la tête et le chef est Jésup? Ainsi des serviteurs nombreux, employés à différents ministères, peuvent servir un seul mattre. Les uns font l'office des mains, recevant des missions diverses, et s'exilant dans les terres ks plus éloignées ; les autres sont les pieds t oeux-lh se consument du désir de souffrir de grands maux pour Jésus-Christ; les autres sont la langue, et prient incessamment pour le prochain ; d'autres sont les yeux, et veillent continuellement au soin du troupeau, comme fait un bon pasteur; les autres sont lesoreliles, et persévèrent dans l'étude ; les autres sont les orgaoAS de l'odorat, et discernept la bonne odeur des ye^tus ; eux-mêmes répandent cette tonne odeur. Les autres ont la faculté de penser, et ce sont les honunes spéculatifs; les autres, la mémoire : ce sont les érudits'; les autres, la volonté : personnes actives, qui vaquent sans relâche au^ Qi^inistères de I9 cuisine, de la porte et du réfectoire. Tous concourent à l'administration spirituelle , et oqt reçu chacun leur apostolat. Aucun membre ne saurait dire qu'il peut se passer des antres ;• aucun ne peut exister sans le concours des antres : notre nmvQ h tous est le commun service du même Dieu. En quoi me

&/|jBi APPENDICE.

sert d'être l'on des membres, plutôt qae tel autre» si tons cmt mie somme égale de devoirs ? Aucun d'entre eux, sans le concoiirs dei autres, ne saurait rien accomplir. Quel intérêt ai-je donc à être de préférence la main ou le pied? Qu'ai-je à dire, si je sois pour toute ma vie le cuisinier de la Compagnie, ou l'apôtre des infidëes, choisi pour convertir l'univers tout entier, dès lors que nous concourons tous à une œuvre unique ?

La Compagnie vit par trois éléments : l'un est la connaissance de soi-même, c'est-à-dire l'anéantissement propre et la pauvreté ^iritueile ; le second est la connaissance de ce qui n'est point nous, c'est-à-dire de Dieu et du prochain : l'intention étant toujours dirigée vers l'amour de Dieu, et l'action vers la diarité vis-à-vis du prochain. Le troisième est l'intelligence et la science, qui sont la garantie des deux premiers : et, en même tenq», la connaissance des lettres humaines , indispensaUe à qui doit vivre parmi les Sarrazins, les gentils, les hérétiques et les juil<s.

Par l'humilité, nous parvenons à la connaissance de Dieu et du prochain : et de là nous nous élevons jusqu'à la science.

Je ne vous ai point adressé ces différentes leçons, afin de vous les enseigner, mais seulement afin de les rappeler à votre mémoire, ô mes bien-aimés Frères ! ayez toujours présent à la pensée qu'elles vous sont aussi nécessaires dans la place où vous êtes que dans d'autres contrées : et moi je me rappellerai que, s'il m'est donné de les pratiquer, c'est Dieu lui-même qui m'en fait la grâce.

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