‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 1 sur 759 · AT THE · texte numérisé non relu

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PRÉFACÉ.

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Les lettres tout apostoliques que saint François- Xavier écrivait à>es Confrères, au roi de Portugal' et à des personnes du inonde , ont fait l'admiration de son siècle : elles ont conquis à la Compagnie de Jésus le P. Jérôme Natal et bien d'autres ; elles ont converti des milliers de personnes. ,

Dès longtemps, nous avions eu la pensée d'en rendre ^êê^ • HIf la lecture plus accessible à tous, et de les traduire en 3*^' français. Notre travail était commencé, lorsqu'un évé- r ^^ nement de mer nous priva de ces premiers essais, près des r^ages mêmes où le Saint avait terminé sa car-'':^^ rière. ■:;&:.. .^. ■' X; .' m.^ a HX^' ^

Nous avonâtecommencé notre œuvre, et quelquefois notre mémoire y a suffi, tant était vive^en nous l'impression qu'y avaient laissée les éloquentes pages de^: notre autetir. A cejte tore, elle est terminée, et |iou#

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PRÉFACE

^a mettons sous le patronage dé lApôtre des Indes et

^#:du Japon, lui demandanj,sa bénédiction pour nous-

même, et des -fruits spirituels abondants pour ceux

c qui nous liront. ^ ^ç

" -' Un moment, nous avions espéré de pouvoir visiter l'île bénie de Sàn-Chan, et d'allernous prosterner à la "0: place où le Saint avait expiré. Mais l'éloignement de L JVIonsei^eurVerrolles, vicaire apostolique de la Mandchouricy qui devait présider à ce voyage, et les circonstances politiques où se trouvait la Chine, nous privèrent de ce bonheur. D'autres pèlerins iront prier pour nous sur cette terre sacrée, et nous recommander

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Nous avons essayé de traduire avec fidélité, simplement, et pour ainsi dire aveoi^éreû^ej^; notre auteur. ^L'ampleur familière de son langage, trop abondante peut-être en paroles dans le portugais et dans le latin, devait être CQ^ervée sans altération. De même nous aurions craint d'omettre des passages, qui paraissent en -'' répéter d'autres précédents, lorsque le sens les récla- * mait et les rendait nécessaires. Nous nous sommes seulement abstenu de transcrire deux ou trois lettres, et quelques fragments, qui n'étaient que les duplicata dé lettres précédentes, et nous a^ns toujours indiqué ces suppressions. ^-^^'ï ;' #

En général, nous avons rétabli l'orthographe portugaise ou indigène. Ainsi le P. François de Mancias a recouvré dans notre traduction son nom véritable , au

PRÉFACE

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lieu de celui de Mansilla dont les écrivains latins Tavaient revêtu, et que lui avaient conservé le P. Boubours et ceux qui l'ont suivi. L'île de San-Chan, au contraire, a repris son nom chinois, qui signifie trois montagnes, au lieu de Sancian, appellation portugaise qui n'offre aucun sens.

Nous aurions dû peut-être donner au roi de Portugal le titre d'Altesse, selon la forme du temps : cependant nous avons employé, pour ne point surprendre l'attention du lecteur, le titre de Majesté. Mais , en général , nous avons préféré traduire littéralement les expressions qui nous paraissaient historiques.

En tête de notre œuvre se trouve une vie du Saint, vie abrégée, mais où nous avons désiré rassembler tous les faits capables de faciliter l'intelligence des lettres. Cette vie accompagne, dans sa division en chapitres, les huit livres de la traduction. Un neuvième chapitre raconte les faits postérieurs à la mort du Saint, et sa canonisation parle pape Urbain VIII. Nous avons soin, dans notre récit, de ne point nous arrêter aux faits dont l'Apôtre a lui-même été le parfait narrateur.

Les lettres de saint François Xavier sont suivies d'uh appendice, contenant des lettres et des fragments de lettres qui se rapportent à notre sujet. On y lit les sentiments de saint Ignace, du P. Lefèvre, d'autres Pères et des contemporains sur le P. Xavier. Après ces pièces viennent deux notices, l'une sur la chapelle de Montmartre, où les sept premiers Pères de la Compagnie prononcèrent leurs vœux , et l'autre sur l'île de Sana.

PRÉFACE

Ghan, d'après un mémoire inédit. Enfin nous donnons en original et en traduction la bulle de canonisation.

Nous avons reproduit le portrait gravé du Saint, publié avec l'approbation de la Compagnie, en tête de la vie qui fut composée par le P. Horace Tursellin (Lyon 1607), cinquante-cinq ans seulement après la mort du P. Xavier : et pour l'éclaircissement des voyages, deux cartes, l'une des pays de l'Inde, l'autre du Japon et des rivages méridionaux de la Chine.

Un Père de la Compagnie avait pensé que de comparer l'esprit du P. Xavier à celui du P. Ignace, attendu la fraternité si intime de ces deux saintes âmes, aurait été d'un singulier avantage : nous exprimons le désir que sa pensée soit réalisée, et nous en laissons l'office, avec un humble respect, à quelque Père consommé dans la science de son Institut et familiarisé, par une longue méditation, avec l'esprit des deux colonnes de la Compagnie, du Patriarche et de l'Apôtre.

Nous devons exprimer notre vive reconnaissance à plusieurs membres de la Compagnie de Jésus, les PP. Prat, Pourcelet, de Montezon, Olivaint, de Ravignan, qui ont bien voulu nous donner de précieux avis et accorder une assistance favorable aux efforts de notre zèle. Plusieurs autres personnes nous ont secondé de leurs lumières, et nous ont communiqué généreusement les matériaux essentiels à notre travail. Notre excellent ami , M. Benjamin Duprat-, libraire de l'Institut de France , nous a prodigué tous ses livres. M. Ferdinand

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PRÉFACE

Denis , conservateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, M. Klein et M. De la Garde, M. l'abbé Giraud et M. Emmanuel Latouche, des Bibliothèques impériale et de la Sorbonne , se sont empressés de nous offrir toutes les richesses de ces grands dépôts littéraires. MM. Dubeux et Foucaux, professeurs à l'École des langues orientales, M. Théodore Pavie, professeur au Collège de France, nous ont donné, sur les pays de l'Inde, de précieuses informations. : ^^ ; v"

Qu'il nous soit permis, après ces témoignages de notre gratitude, de solliciter, de la part des Pères de la Compagnie de Jésus et de la part de tous ceux qui liront notre œuvre, tous les documents et les avis qui pourraient contribuer à l'améliorer. Nous recueillerons tous les documents nouveaux, toutes les critiques, avec une joie sincère, heureux si nous pouvons ainsi rendre notre travail plus digne de l'admirable. Saint à qui nous l'offrons.

Parmi les documents qui ont certainement existé-et qui peuvent exister encore, dont nous appelons la communication, sont les lettres de Madeleine Jasse à son père, la lettre circulaire du Saint aux universités d'Europe et celle qui fut adressée à l'Université de Paris, les opuscules composés par lui, et notamment les catéchismes en portugais et dans les langues indiennes , les lettres des religieux contemporains relatives à l'apostolat du P. Xavier, les lettres du roi Jean III et celles d'autres personnages qui n'auraient pas encore été publiées, et qui devraient répandre de nouvelles himières sur notre sujet. *0iy^

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PRÉFACE

> Nous protestons, avant de terminer, de notre entières soumission aux doctrines de l'Église ; nous entendons accepter dans leur sens le plus étendu les prescriptions du décret apostolique du pape Urbain VIII, concernant l'emploi du titre de Saint; et nous répudions les formes de langage qui pourraient ne pas être en rapport avec l'expression théologique.

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: IjtE SAINT FRANÇOIS-XAVIER.

L'Asie, dont les peuples avaient, dès les premiers âges, abandonné les voies de Dieu, et où saint Thomas avait consacré par son sang l'espérance d'une réconciliation future, reçut iîans le xvi* siècle, par un éclat de la puissance divine, toute une armée. d'apôtres, dpnt la succession y opère incessamment J'œuvri^ de' la rédemption. ? v ^ ^i^

Versl'an 1500, Pedro de CofilhaÉii confesseur de DomVasco de „ Gaiûà, martyrisé par les Indiens, prédisait, au mUieu de son sup- ' 'f ^pUce, que bientôt allait naître dais l'Église de Dieu un Ordre nouveau dé prêtres qui porterait le nong^ de Jésus, et qu'un de ses «-"^^ 'f premiers Pères, conduit par rEsprit saint, pénétrerait jusqu'sBix ' j^ <^ti*éniités du monde, et convertirait des nations entièi^.

Le grand Apôtre des Indes et du Japrai, saint François Xavier, ^' vint accomplir la prédiction jàti saint prêtre. Pendant les dix années .. #de ses courses apostoliques , il rendjl chrétiens plus d'un million , d'infidèles, et fonda ces églises fécos|des en martyrs, quirappeUent ' * % nos âmes lès merveilles de la primitive Église. **

-C'est la vie de ce grand Saint, dont nous voulons éjjquisser !e récit, comme un ipréliminaire et un éclaircissement à ses admirablesTèttreS.

L'heure est venue, et elle est déjà, où le Japon va de nouveau 's'ouvrir à la jM-édicfition êvangélique. Dieu paraît regarder avec n^séricorde cet empire qui fut autrefois inondé du sang des ma^ ,

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VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER

'tyrs. Lisons donc les faits de cette vie et leà lettres mêmes de notre Saint, avec une foi sincère et une ardente charité; ïénérant l'Apôtre des Indes, et priant pour les nations, oBjet de son àmofr.

CHAPITRIL^jHlEMIEB.

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' François de Jasseet Xavier, que l'Église vénère sous le nom de v^aint François-Xavier, reçut le jour au château de Xavier, près OLanos, en Navarre, le 7 avril 1506. Il était le plus jeune des fils , de Jean Jasse, conseiller de Jean III, roi de Navarre, et de Marie I d'Azpilcuète et Xavier. Les anciens auteurs s'étendent sur son origine illustre et sur le sang royal mêlé aux veines de ses ancêtres; mais l'Apôtre des Indes n'a pas besoiii de cette gloire, à la droite de Jésus-Christ, où il règne pour l'éternité, et sur les autels de la terre, où il sera vénéré Jusqu'à la consommation des temps. Élevé par ses vertueux parents dans la crainte de ^Dieu^ et dans ^ les mœurs les plus pures, Xavier préféra de benne heure les lettres # humaines à la profes^ondes armes. Son père consentit à l'eûYoyer ♦'à Paris, à l'âge âe dix-huit ans,;|four y suivre les cours de rUni- ^ "vereité. A vingtrquatre ans, en 4530, il reçut le titre de maître en ;V,-philosophie et fut admisà iiiterpréter^rwfote (1). Après ce coijirs, Xavier s'adonna tout entier à la théologie. Alors, on ne devenait associé du collège de Sorbonne,;le plus illustre 'des collèges de '^Paris, qu'après avoir enseigne pendant plusieurs années la logi- ^ que, la physique et la métaphysique d'Aristote : et, en géiiéral,. un coiifê-de sept ans, aprës^jà maîtrise, précédait les derniers degrés. Xavier parcourut avec de grands succès toutes les épreuves Ides études et de renseignement, et il était à là veille d'être reêu

(i) II doima ses leçons au collège de Dormans ou de Beauvais (actuellement rue sfeîeân-de-Beaûvajs, 7). ; ' . y' ''"'■^ Le Saint résida quelque tenjps, si l'on en croit une traditiorii^daBs là^ feînr 'm

St-Jeari-de-Latran, qui, de Dos.jpur8, s'est appelée Tour Sichat^tjïui va . disparaître en 1855^ '"'f^-'':^^^ 'f^^-- y^^^Mf^^'y '^-".-

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